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Haïti et la journée mondiale de l’épargne le 31 octobre… !

Haïti et la journée mondiale de l’épargne le 31 octobre… !



Dans l’obligation d’adapter les meilleures pédagogies de l’éducation financière dans le quotidien des Haïtiens issus de toutes les couches, régions et catégories sociales, la journée mondiale de l’Épargne du 31 octobre 2020, offre une belle occasion pour définir et présenter l’importance et la diversité, les avantages et les inconvénients relatifs aux produits et services qui abordent le concept de l’épargne dans le monde et dans le système financier haïtien en particulier.

Qu’est-ce que l’épargne ? Pourquoi, combien faut-il épargner et à partir de quel montant et quel âge faut-il commencer à le faire ? Sont dans la liste des questions à répondre. Dans l’univers des institutions financières telles les banques aux multiples vocations et missions, et les coopératives entre autres, comment se présentent les produits et services de l’épargne ? Comment définir une éducation financière autour de l’épargne destinée aux familles haïtiennes et des particuliers qui reçoivent et survivent à partir des transferts d’argent de la diaspora ? Comment les femmes, les paysans, les chômeurs, les filles, les professeurs, les personnels domestiques, les politiciens haïtiens épargnent-ils en Haïti ? Comment faire comprendre aux jeunes, aux couples et aux professionnels les spécificités relatives à l’épargne salariale, l’épargne retraite, l’épargne logement, l’épargne publique, l’épargne de précaution, l’épargne financière, l’épargne handicap, etc.

Dans beaucoup d’entreprises et institutions publiques, certains employés s’organisent entre eux, souvent autour des activités communément appelées « Sol » ou « Consortium », avec des « Manman ou Papa Sol au niveau de la préséance du classement », pour pouvoir économiser et épargner. Sur une fréquence régulière et rotative à déterminer par l’initiateur de l’opération, avec un nombre de participants qui confirment un minimum de garantie salariale ou des rentrées financières régulières, à chaque payroll, chacun obtient la somme prévue antérieurement, dans ce modèle d’économie complétée ou participative, avec la contribution de l’ensemble des membres, dans une autre forme de « Kombit ».

Des remarques autour de la date du 31 octobre, dédiée depuis 1924 à la journée mondiale de l’épargne : « Au 21e siècle, il semble bien que ce soient essentiellement les pays africains qui aient remis à l’honneur cette journée qui est aujourd’hui célébrée dans plusieurs pays du continent. Allez savoir, ce sont peut-être eux qui nous ramèneront à une certaine sagesse, à une époque où les gouvernements de toutes les tendances ne savent plus que consommer des ressources qu’ils ne produisent pas et créer des dettes qu’ils ne remboursent pas ! », peut-on lire sur l’un des plus célèbres sites dédiés aux journées internationales.

Dans quatre ans, soit en 2024, la journée mondiale de l’épargne sera centenaire. (1924-2024), pour reprendre les archives du journal Le Monde, qui rapportent : « La journée mondiale de l’épargne remonte à 1924. Date à laquelle les délégués de vingt-sept nations, réunis à Milan, décidèrent de commémorer chaque année, à la fin octobre, les vertus et les bienfaits de l’épargne. Depuis lors d’innombrables manifestations locales célèbrent chaque année dans le monde à pareille époque l’intérêt que l’épargnant (et avec lui le pays tout entier) retire de son effort. » https://www.lemonde.fr/archives/article/1961/10/25/de-nombreuses-manifestations-marqueront-la-journee-mondiale-de-l-epargne_2271501_1819218.html

Dans le cadre du lancement du Plan national d’Éducation financière (PNEF), en Haïti, le jeudi 25 juin 2020, par les autorités politiques, financières et monétaires, et éducatives haïtiennes, le gouverneur de la banque de la République d’Haïti, Jean Baden Dubois, avait pris le soin de souligner dans sa communication : « L’accès à l’éducation financière peut contribuer, non seulement, à accroître, l’accès, mais aussi, l’utilisation des services financiers en termes d’épargne, à réduire le niveau d’endettement, faire diminuer la probabilité de défaut de paiement et de la faillite et maintenir la stabilité financière. ».

Dans son intervention, le numéro un de la banque centrale haïtienne a fait savoir que : « Ce document-cadre, dont l’horizon est de cinq (5) ans, devra nous permettre de mobiliser tous les acteurs concernés, pour mieux combler les attentes de la population haïtienne en matière d’éducation financière. Enfants, jeunes scolarisés ou non, moins jeunes, universitaires, professionnels indépendants ou cadres du secteur public ou privé, citadins ou citoyens vivant dans régions rurales, investisseurs, agents économiques du secteur formel comme ceux du secteur informel, les ménages en général, vous êtes tous concernés par ce Plan national d’Éducation financière, dans votre quête d’autonomisation financière, pour pouvoir vous adapter aux évolutions de ce monde économique tant compétitif. ».

De son côté, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Pierre-Josué Agénor Cadet, dans son allocution avait fait savoir que : « Les recherches démontrent en effet, qu’un peuple éduqué en général et plus spécifiquement éduqué financièrement fera des choix plus éclairés en matière de consommation et de préservation des biens acquis, en matière d’épargne et d’augmentation de ses revenus, mais aussi en matière de procréation et du temps nécessaire pour fonder une famille. ».

Dans une perspective à moyen et long termes, le ministre Cadet confirme dans le cadre du lancement du PNEF, dont son institution est partie prenante : « Outre cette capacité à penser pour soi, l’éducation financière impacte aussi indirectement les biens publics et communs, puisqu’elle éveillera indubitablement chez le citoyen le respect des droits de propriété, la nécessité de stabilité politique, de la bonne gouvernance et du même coup son pouvoir de contrôle qu’il se doit d’exercer en tant que citoyen pour demander des comptes aux élus. »

Dans la journée du 23 septembre 2020, la BRH avait, dans une autre approche, procédé au lancement du fonds de soutien aux coopératives d’épargne et de crédit (CEC), pour aider les coopératives en difficulté et celles ayant besoin de financement afin de soutenir leur croissance. Autant comprendre la proximité qui existe dans l’arrière-pays entre ces institutions et les potentiels épargnants ?

Durant les trois dernières années, deux enquêtes, FInCap et FinScore, réalisées au cours des trois dernières années ont permis d’établir la radiographie du secteur économique et financier en Haïti, en passant par l’état des lieux de l’épargne. On retient que les individus tout comme les ménages ont besoin d’un minimum de compétences financières pour faire un budget, épargner, financer l’éducation des enfants, faire des investissements à long terme, acheter une maison et plus encore.

Dans le rapport proposé par l’étude FinScore, environ 80 % de la population sont en précarité financière, 63 % n’ont aucun contrôle sur leurs dépenses, 12 % seulement arrivent à comprendre un produit financier.

Derrière les initiatives en cours parmi d’autres à venir, dans les secteurs économiques et le système financier haïtiens, portées par les autorités politiques et les institutions de régulation, en termes de programmes, de projets et de mesures administratives, en dehors des actions entreprises parallèlement par les acteurs privés et d’autres opérateurs connexes, sous forme de produits et de services, la mise en œuvre du PNEF par la BRH et ses partenaires, l’organisation des forums destinés aux jeunes et aux femmes entre autres, sur l’éducation financière, et les nombreuses autres initiatives inédites, en passant par les nombreuses affiches de colloques, des sommets, des conférences et des séminaires sur le sujet, devraient pouvoir porter les jeunes du pays à prendre en compte les nouveaux défis à surmonter dans le contexte post-Covid, pour ne pas continuer à rester toute leur vie avec les poches vides.

D’où l’importance de prendre le temps de s’informer, de se former, et de se cultiver financièrement, pour mieux se responsabiliser en matière d’éducation financière, d’intelligence économique, pour la promotion d’une intelligence collective solidaire et durable.

Des thèmes sociaux ou économiques, loin d’être des slogans superficiels, qui demeurent d’actualité sont à revisiter dans le cadre de cette journée mondiale de l’épargne qui concerne toute la population, et chaque Haïtien en général. « Épargner pour réussir », « Épargner pour être libre », « Épargne familiale, progrès social », etc.

Donner c’est bien, à ses proches comme à des inconnus en difficulté, particulièrement dans un contexte de crise économique aiguë. Dans une démarche de solidarité mutuelle ou virtuelle, et pas toujours obligatoirement réciproque, nous sommes tous obligés, autant celui qui reçoit comme celui qui donne, à cultiver le sens de l’épargne pour les besoins futurs et les projets d’avenir. En route vers la journée mondiale de l’épargne en Haïti, ce samedi 31 octobre 2020, pour inviter les jeunes et leurs familles, et pourquoi pas l’État haïtien dans certains domaines à mieux apprendre et comprendre le sens ainsi que l’importance de l’épargne. Comment concilier épargne et entrepreneuriat en Haïti dans l’éducation financière des jeunes ? Pourquoi épargner même en temps de crise, et entreprendre éventuellement, pour mieux se défendre ou se protéger contre les dépenses inutiles et non prioritaires ?

D’un proverbe français, on retient : « qui n’épargne pas un sou n’en aura jamais deux » ou encore « l’épargne est une magnifique réalité, spécifiquement quand nos parents l’ont pratiquée ». Et l’Haïtien dans le culte des traditions populaires et l’imaginaire collectif, est invité à retenir et à parler d’épargne, en ce mois de commémoration de la culture créole, en empruntant la célèbre phrase suivante : « Pise gaye pa kimen » !

Dominique Domerçant




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