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Les petites villes sont plus grandes qu’on ne le pense

Les petites villes sont plus grandes qu’on ne le pense



Moins d'un pour cent de la population mondiale habite dans des zones extrêmement reculées de l'arrière-pays. Ce constat, qui souligne combien il est nécessaire de mieux comprendre la manière dont les modèles urbains influencent les systèmes alimentaires et le développement économique et social, émane de travaux de recherche novateurs menés par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Université de Twente.

Les villes petites et moyennes et les zones rurales sur lesquelles elles ont des incidences - appelées zones d'influence - jouent un rôle déterminant dans la façon dont les individus gagnent leur vie, d'après l'étude intitulée «Global mapping of urban-rural catchment areas reveals unequal access to services» [inégalité d'accès aux services: cartographie mondiale des zones d'influence urbaines et rurales], publiée aujourd'hui dans la revue Proceedings of National Academy of Sciences (PNAS). Cela s'applique particulièrement aux pays à faible revenu, où les petites villes et leurs zones d'influence abritent près des deux tiers de la population totale.

Les conclusions tirées de la recherche «ont des répercussions considérables en matière de politiques, qui vont de l'accès aux services de santé à l'organisation des systèmes alimentaires ville-région, en passant par la nécessité de favoriser une transition vers davantage de déplacements pendulaires et moins de migrations», affirment les auteurs, M. Andrea Cattaneo, Économiste principal à la FAO, Mme Theresa McMenomy, Économiste à la FAO, et M. Andy Nelson, Professeur à la faculté des sciences de la géo-information et de l'observation de la Terre de l'Université de Twente (Pays-Bas).

En utilisant plusieurs ensembles de données spatiales et en calculant la durée nécessaire aux populations rurales pour atteindre les principaux centres urbains situés à proximité, ils ont découvert que les zones périurbaines abritaient près de 40 pour cent de la population mondiale, répartie de manière égale entre les zones qui entourent les petites villes, les villes intermédiaires et les grandes villes. Ces résultats remettent en question la place centrale des grandes villes dans les discours relatifs au développement et les plans de développement. Les zones périurbaines sont souvent négligées dans les politiques conçues tantôt pour les habitants des villes, tantôt pour les producteurs ruraux, ce qui souligne la nécessité d'une meilleure coordination entre les autorités administratives des zones rurales et celles des zones urbaines afin de permettre à ces populations «intermédiaires» de tirer parti de leur proximité avec les villes pour accéder plus efficacement à l'éducation, aux services et à l'emploi.

Le chiffre exceptionnellement faible cité plus haut correspond au pourcentage de personnes vivant à plus de trois heures (durée mesurée selon le mode de transport disponible) d'une agglomération de 20 000 habitants ou plus. Au niveau national, le pourcentage de la population habitant dans l'arrière-pays est supérieur à 5 pour cent dans seulement trois pays dont la population excède 10 millions d'habitants, à savoir Madagascar, le Niger et le Zimbabwe.

«On a trop longtemps pensé que les populations urbaines et les populations rurales étaient distinctes. Pour planifier le développement, il faut axer les efforts sur l'accès des populations rurales à l'emploi et aux services dans les centres urbains proches, et considérer que ceux-ci ne sont pas isolés du reste du territoire», a affirmé M. Cattaneo.

Ce que révèle la carte

L'étude permet d'affiner les modèles de planification établis auparavant en déterminant les «zones d'influence rurales et urbaines», qui reflètent l'interconnexion existant entre les centres urbains et les zones rurales environnantes, selon un maillage composé de pixels d'un kilomètre qui facilite les comparaisons entre pays. L'ensemble de données, qui sera disponible sur la Plateforme géospatiale de l'Initiative Main dans la main de la FAO, constituera un bien public mondial à la disposition des planificateurs, où qu'ils se trouvent, et permettra d'établir une «représentation cohérente, exhaustive et multidimensionnelle du continuum urbain-rural»

Pour M. Nelson, «les chaînes agroalimentaires mettent en relation les zones rurales et les zones urbaines. Notre ensemble de données permet d'appuyer non seulement la recherche, mais aussi la mise en place de politiques visant à transformer les systèmes alimentaires pour répondre de manière durable à la demande croissante émanant des marchés urbains».

Les résultats montrent combien il est simpliste de penser que les pays à revenu élevé sont plus urbanisés. À titre d'exemple, plus de la moitié de la population rurale des pays à faible revenu vit dans des zones très densément peuplées, soit six fois plus que dans les pays à revenu élevé. Cela traduit notamment un certain engouement pour les logements situés dans les banlieues à faible densité des pays aisés, et reflète le fait que des infrastructures routières en meilleur état permettent de vivre dans des endroits plus éloignés (du point de vue de la distance et non de la durée des trajets) du centre des zones d'influence rurales et urbaines.

Fait encore plus frappant, les données révèlent que les grandes villes abritent désormais plus de 40 pour cent de la population urbaine mondiale et près de 50 pour cent de celle d'Amérique latine et des Caraïbes, mais qu'elles attirent proportionnellement moins de personnes dans leur circuit fonctionnel que les villes plus petites.

La prépondérance des petites villes et de leurs zones d'influence dans les pays où le revenu par habitant est faible met en exergue la nécessité de mener des politiques visant à améliorer les débouchés professionnels non agricoles, l'éducation et les services de santé, ainsi que de disposer de systèmes alimentaires locaux, d'élaborer des stratégies judicieuses en matière d'utilisation des terres et de réaliser des investissements adéquats dans les infrastructures de transport.

Les données disponibles peuvent permettre d'étayer une perspective territoriale - déjà expérimentée dans les pays à revenu élevé - qui prenne en compte les liens d'interdépendance qui existent entre les villes et les zones rurales environnantes, et ainsi d'améliorer l'accès aux emplois non agricoles, de renforcer l'intégration du système agroalimentaire local et de réduire les migrations.

FAO




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