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L'autre aspect de l’insécurité

L'autre aspect de l’insécurité



Les images de parents massés devant une école, guettant la sortie de leurs enfants, c’était hier. Aujourd’hui, l’ambiance des rues avec des élèves comme des fourmis folles se rendant à l’école n’est pas la même. Nous le craignons, et c’est arrivé : de nombreux parents paniqués et sans idées utiles ont décidé de garder leurs rejetons à la maison. Et comme une épidémie en progression, les résidents de la zone métropolitaine se barricadent chez eux.

Naturellement, la circulation pendant cette matinée blanche et à l’heure de pointe, s’est affaissée; passant de l’anarchie dysfonctionnelle à la normale. Avec le temps, personne, en Haïti, n’a pu échapper au spectacle, inquiétant, voire dangereux, de la transformation du transport en Haïti. Il fut un temps, les dirigeants se permettaient de parler de transport en commun et de poser quelques actions parce qu’il est évident que le dynamisme, la sécurité et le confort de la population en dépendent.

En Haïti, une grande majorité de la population n’a que le transport en commun pour se déplacer d’un endroit à l’autre et de pouvoir accéder à leurs activités et aux services de base.

Il est un fait que les risques associés à la mobilité des élèves, même pour les très jeunes, sont aigus. Pour cause, sur une base quotidienne, les accidents provoqués par une circulation sans contrôle et sans logique sont nombreux. D’aucuns diront que les motocyclettes chinoises, par nuées, ne font pas autant de morts que de blessés. Mais, les blessés graves en Haïti, en considérant les limites de notre système de santé, sont des morts en sursis.

Paradoxalement, et c’est plus que dommage, en choisissant de bouder les salles de classe aujourd’hui, les parents ont pris des mesures pour protéger leurs enfants d’une double expression de l’insécurité. La nouvelle vague incontrôlable d’enlèvements est très préoccupante. Toutefois, il est primordial de garder en l’esprit que le transport en commun, au lieu d’améliorer le bien-être de la population, tue et blesse tous les jours. Sans cette prise de conscience, on risque de paniquer pour la grippe saisonnière et oublier la permanence de la tuberculose.

Chaque segment de la population, à sa manière, s’organise pour se protéger des kidnappeurs. Les autorités prennent des dispositions et annoncent des opérations. La République tremble. Par ailleurs, il ne faut jamais oublier que les actions en cours ou à venir ne peuvent pas faire l’économie de solutions à même de sécuriser la population haïtienne. Ces solutions doivent participer à la réduction du nombre d’enfants sur le chemin de l’école victimes d’accidents de la circulation.

Pendant la manifestation contre l’insécurité et pour forcer les autorités à prendre leurs responsabilités, ce serait utile d’ajouter une pancarte, une chanson pour ces quatre enfants empilés, sans casques, sur une motocyclette qui slalome dangereusement entre les véhicules et les passants. Pour rattraper le quart d’heure de retard. Pour contourner la réalité d’une société en panne d’humanité.

Jean-Euphèle Milcé







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