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La menace !

La menace !



Nous n’avons de cesse d’attirer l’attention des autorités contre cette hydre à sept têtes que représente le kidnapping. Un phénomène qui a connu ces derniers jours une flambée spectaculaire. Il est d’autant plus à prendre au sérieux qu’il menace les fondements d’un État déjà considérablement affaibli.

La découverte dans le plus grand centre pénitencier du pays d’armes à feu et de machettes constitue la chronique d’un drame annoncé, compte tenu de la porosité légendaire de nos prisons. Elle participe aussi d’un laxisme administratif suscitant au sein de la population de vives inquiétudes. Il est certain que cette remontée du banditisme s’inscrit en lettres sanglantes dans le sillage de l’une des plus grandes confrontations politiques de ces dernières années. Les groupes armés avaient, en effet lors des évènements de septembre à novembre, fait irruption sur la scène politique quand ils ne se faisaient pas tout simplement les alliés objectifs de tel ou tel parti ou regroupement. On se souvient que des commandos de chocs étaient utilisés soit pour protéger des barricades ou inversement réaliser des interventions punitives contre des poches de résistance, lors des folles journées de septembre. Certains organismes de droits humains ont rapporté que les massacres de La Saline ou du Bel Air seraient le fait de groupes opérant pour le pouvoir en place.

Quoi qu’il en soit dans cette situation chaotique et ruineuse pour le pays, aucun groupe politique lié au pouvoir ou à l’opposition n’a les mains entièrement pures. Nos politiques et certaines de nos élites ont toujours cru dans la dialectique des armes, le passage en force au détriment de négociations constructives. Il se trouve qu’une fois armés à des fins politiques, ces groupes développent une autonomie de fonctionnement qui échappe parfois à leurs tristes commanditaires.

Le pays a mal dans sa chair et la violence des gangs n’épargne personne. L’économie criminelle frappe toutes les catégories sociales. Il s’agit d’une guerre de basse intensité contre toute une population déjà aux prises avec les affres d’une misère rampante. Si des mesures énergiques ne sont pas prises tant sur le plan social, économique que de celui de la répression légale, les PME du crime finiront par se substituer au secteur formel et informel d’une économie déjà chétive.

Il existe désormais un grand marché de la délinquance, où se sont installées dans le plus pur style capitaliste, des spéculations sur le prix de nos corps devenus « marchandises ».

La semaine dernière, lors d’une manifestation spontanée dans des quartiers populaires, on a vu un des caïds de nos archipels de la misère, s’adresser à des écoliers dans un langage « d’homme d’État » ou de révolutionnaire de pacotille. Ce chef au nom chargé de connotation religieuse veut combler un vide ressenti par plus d’un. Et c’est justement dans ce nouveau lieu sémantique où git la menace !

Celle qui peut tout emporter et balkaniser notre espace géographique, la transformant en un lieu ou des hors-la-loi exerceront leurs propres « lois » du talion.

Le gouvernement a annoncé des mesures vigoureuses que l’on attend pour recommencer à « survivre ». Des mesures à plusieurs niveaux qui ne sont pas diffusées pour raisons stratégiques, mais dont on attend avec impatience les effets.

Il est temps que le contrôle des voitures de plus de trois ou quatre personnes se fasse de manière systématique, de même l’inspection intelligente et systématique de cette noria de motards au milieu desquels se glissent des gens malintentionnés.

Nos rues sont trop vides et laissées au bon vouloir des régiments du mal. La Police en dépit de ses faibles moyens arrive de temps en temps à faire avorter certaines entreprises criminelles. Mais ils auront plus que jamais besoin du réveil citoyen et de la détermination de nos dirigeants au plus haut niveau.

La grogne monte une fois au sein d’une population qui se sent acculée à l’autodéfense.

Roody Edmé




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