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Ondes de choc

Ondes de choc



Crise. Définitivement, c’est le maitre mot. En Haïti, la crise multidimensionnelle qui sévit depuis bien des années a encore pris de nouvelles proportions. Avec la montée de l'insécurité dans son expression la plus brutale (le kidnapping) et le mouvement des policiers pour doter la PNH d'un syndicat, la crise devient encore plus aiguë. Les tentatives de réponse des autorités, pour le moins vaudevillesques, ont vivifié la braise plongeant ainsi la République dans la peur et l'incertitude la plus totale.

Loin de toute idée alarmiste, la crise qui secoue le pays est suffisamment mature pour conduire encore à une révolte populaire si les autorités n'interviennent pas avec des réponses appropriées. La remontée de l'insécurité dans le pays, le chômage, l'insécurité alimentaire, l'inflation, la dépréciation de la gourde, la crise politique, la crise de la PNH, c'est un véritable cocktail explosif qui menace le pays.

Selon la Coordination nationale de la sécurité alimentaire ( CNSA), plus de 4,1 millions d’Haïtiens sont en situation d'insécurité alimentaire avec 1,2 million en phase d'urgence (niveau 4) et 3,8 millions en phase de crise alimentaire (niveau 3). Parallèlement à la crise alimentaire, l'inflation bat son plein et le dollar américain après un temps de stagnation continue sa course vers les 100 gourdes.

Concomitamment à ces éléments de survie, la fronde sociopolitique continue de faire des vagues. Le dernier mouvement déclenché par des policiers pro-syndicat au sein de la Police nationale d'Haïti semble être la dernière goutte susceptible de faire déverser le vase.

Les deux dernières manifestations des policiers doivent interpeller et pousser les autorités à bien aborder le dossier pour ne pas causer de tort gratuit à la nation. Car, la question d'un syndicat dans la PNH ne doit pas être politisée et posée avec autant de légèreté comme à l'école des fans: pour ou contre.

Au-delà des considérations d'ordre constitutionnel et légal, il faut tenir compte de l'opportunité de la décision. Qu'est-ce qui empêche aux autorités de répondre aux revendications des policiers qui paraissent justes aux yeux de plus d'un? En quoi un syndicat peut-il aider à répondre à ces besoins? Quelles sont les limites d'un syndicat dans un corps armé et hiérarchisé? Le syndicat sera-t-il régi par quel cadre légal? Pourquoi le CSPN et/ou le haut commandement de la PNH n'invitent pas les policiers pro-syndicat pour un meilleur échange autour de cette décision? Autant de questions dont les réponses pourraient éviter cette situation anarchique qui menace la sécurité nationale.

Tout corps armé et hiérarchisé mérite un traitement spécial. Les responsables de l'État doivent se montrer à la hauteur de la crise pour apporter les réponses appropriées sans pénaliser ni la population ni les policiers revendicatifs. Car, les dernières déclarations à l'emporte-pièce du Premier ministre démissionnaire Jean Michel Lapin n'ont aidé en rien à calmer les esprits.

Le pays est en train de traverser une zone de haute turbulence. L'échec des négociations politiques, le refus du pouvoir de faire des concessions et la menace du président de la République d'installer un gouvernement sans un accord politique pourraient conduire le pays dans un désordre généralisé.

En ce sens, le président de la République, garant de la bonne marche des institutions, doit lui aussi bien jouer sa partition dans cette situation quasi chaotique.

Fini le moment de bomber le torse, l'heure est au compromis. L'heure est au dépassement de soi pour épargner le pays de cette grave crise susceptible de mettre en péril la sécurité nationale et la vie de chaque Haïtien.

Noclès Débréus




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