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Demi-mesures !

Demi-mesures !



La République se porte plutôt mal. Alors que le Coronavirus constitue une menace sérieuse, l’insécurité continue d’endeuiller les familles et l’économie poursuit sa chute. La peur et le désespoir s’installent dans les esprits. Et ce n’est vraiment pas les mesures approximatives annoncées qui viendraient rassurer cette population qui perd de jour en jour la confiance en ses dirigeants.

Malgré les multiples mesures déjà adoptées en rapport avec l’économie du pays, la gourde se dévalue quotidiennement, la production nationale est en nette baisse, l’inflation grimpe et plus de familles sont touchées par l’insécurité alimentaire. Les quinze véhicules blindés récemment livrés en Haïti ne suffisent pas à faire taire les armes des gangs armés. Les deux cents lits (d’hôpitaux), jusque-là gardés secrets pour des raisons de sécurité, sont très loin de rassurer la population en cas d’une éventuelle propagation du Coronavirus dans le pays. Jusqu’à présent les résultats obtenus des différentes mesures déjà prises par les autorités, en différentes occasions, se sont révélés inefficaces.

Les actions de l’État doivent être réfléchies, planifiées et fournir les résultats escomptés pour le plus grand bénéfice des gouvernés. Aussi pauvre soit un État, il dispose d’un minimum de ressources qui lui permettent de bien gérer sa cité. En Haïti, les apprentissages se font sur le tas. Et en règle générale, l’approche par tâtonnement conduit à des résultats approximatifs. L’épidémie de choléra a été mal gérée, on connaît les résultats. La menace du Coronavirus est réelle, les responsables au plus haut niveau de l’État sont ainsi alertés pour éviter au pays de connaître les mêmes péripéties avec le choléra.

À côté de la menace du Covid-19 et les autres maux qui rongent le quotidien des Haïtiens, le ciel politique s’obscurcit de jour en jour en raison des mesures approximatives à la limite même de la mesquinerie.

Comme il l’avait annoncé, le président de la République est passé de la parole aux actes en déplaçant un pion important dans le jeu politique. En effet, après avoir constaté la caducité du Parlement le 13 janvier 2020, Jovenel Moïse a posé sa deuxième grande action politique au cours de ce premier trimestre de l’année en faisant le choix de Joseph Jouthe comme nouveau Premier ministre en remplacement de Fritz William Michel.

Avec un tel choix, le chef de l’Exécutif a surpris plus d’un. Particulièrement, ceux qui croyaient que le président avait la volonté de trouver un accord politique avec les forces en présence pour un dénouement heureux de la crise qui a ruiné le pays. Les acteurs de l’opposition modérée ayant participé aux assises tenues à la Nonciature apostolique en vue d’un accord politique ont désapprouvé ce choix et en ont exprimé leur déception.

En quoi donc ce passage en force du président de la République pourrait-il se révéler bénéfique pour le pays ? En quoi l’ancien ministre de Céant et du Gouvernement intérimaire de Lapin est-il l’homme du moment ? Pourquoi ce choix unilatéral et « contesté » dans ce contexte politique aussi délétère ? Avec ce choix le président de la République n’a-t-il pas claqué définitivement la porte du dialogue pourtant si cher à lui ? Quelle est l’implication de la communauté internationale dans un tel choix ?

Les questions sont nombreuses à se poser autour de ce choix du président de la République. Car, sans un accord politique avec les acteurs pour légitimer ce choix, la crise va encore perdurer. Le président de la République pourrait user son bon droit de designer le Premier ministre au regard de la Constitution si le Parlement était fonctionnel. Mais, à cette phase de la crise, le consensus doit être notre boussole.

Et comme dit l’adage : une bonne entente vaut mieux qu’un mauvais procès. Évitons donc les demi-mesures !

Noclès Débréus




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