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Défis...

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Après un an avec un gouvernement illégitime sous la houlette de Jean Michel Lapin, une page vient de se tourner. Le président de la République, damnant le pion à ses opposants, a installé son gouvernement sans l'accord politique minimal espéré par plus d'un. Et Joseph Jouthe, le nouvel occupant de la Primature, devrait s'atteler vite et bien à la tâche tant les défis sont énormes dans ce contexte politique délétère.

La crise qui secoue le pays depuis 2019 avec les épisodes de pays lock, est encore patente en dépit de ce calme apparent. Pour cause, le président de la République a raté le momentum pour trouver l'accord politique nécessaire pour un dénouement heureux de la crise. Si le gouvernement actuel semble avoir le support de la communauté internationale dont les représentants étaient remarqués au Palais national lors de l’investiture du nouveau PM, tel est loin d'être le cas pour la classe politique et une bonne partie de la société civile. Les radicaux et les modérés ont tous désapprouvé ce choix du président de la République qui n'a pas pris en compte les revendications et préoccupations exprimées lors des assises tenues à la Nonciature apostolique.

Avec un accord politique issu des négociations entre tous les acteurs/secteurs de la société, ce nouveau gouvernement devrait avoir une feuille de route bien définie qui lui servira de boussole dans l'accomplissement de ses tâches. À défaut de cet accord politique, le président de la République doit revoir sa stratégie de gouvernance qui, au terme de trois ans déjà, n'a pas donné les résultats escomptés. 3 ans de tâtonnements et d'échecs successifs.

Le vin étant tiré, il faut donc le boire. Le gouvernement est en place. Il doit s'atteler à la tâche pour adresser les multiples besoins de la population les uns plus urgents que les autres. L'insécurité galopante, la misère effrayante, l'économie anémiée. Jouthe a du pain sur la planche. En attendant les feuilles de route des ministères sectoriels qui fixeront les nouvelles orientations et priorités de la nouvelle équipe, le gouvernement américain, grand manœuvrier de la politique haïtienne, a déjà fait des élections législatives sa priorité. L'ambassadeur en poste à Port-au-Prince, Michèle J. Sison, l'a bien exprimé au Premier ministre Joseph Jouthe lors de leur première rencontre.

La tenue des élections cette année demeure pour le moins un exercice difficile et compliqué. Comment tenir des élections législatives, municipales et locales dans ce climat d'insécurité où l'État n'a pas le contrôle total du territoire ? Avec quel Conseil électoral ces élections vont-elles avoir lieu ? Comment et par quelle tour de magie le président de la République et le Premier ministre vont-ils pouvoir convaincre les partis politiques après les avoir bernés d'aller aux élections ? Comment rassurer les acteurs que ces élections seront justes, honnêtes, libres et équitables lorsque les institutions de l'État sont décrédibilisées?

Si le passage en force était possible pour la mise en place du gouvernement, le président Moïse devrait mille fois réfléchir pour les élections. Ce consensus et/ ou cet accord politique qui auraient dû être trouvé avant la formation du gouvernement va se révéler plus important et nécessaire encore dans le cadre des élections.

Et le président ne pourra pas compter uniquement sur ses alliés pour organiser des élections à sens unique (eleksyon grenn soulye). Peut-être à ce moment l'opinion de l'autre pourra compter.

En tout cas, bien avant de parler d'élections, le pouvoir doit travailler en vue de résoudre le problème de l'insécurité avec la montée du kidnapping, l'insécurité alimentaire avec plus 4 millions d'Haïtiens concernés, l'inflation galopante et le dossier du SPNH qui risque de mettre en péril la sécurité des citoyens.

« Mennen koulèv la lekol se yonn, fèl chita se de » dit l’adage. Le gouvernement de Joseph Jouthe est donc attendu au tournant.

Noclès Débréus




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