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Désordre institutionnalisé !

Désordre institutionnalisé !



Dans le cadre d’un séminaire sur la psychologie sociale et éducation spécialisée, et animé pendant plusieurs mois par le professeur Jean Robert Chéry, un des meilleurs spécialistes dans le domaine dans le pays, au cours de ce séminaire, au moins une policière, encore en poste, avaient participé. L’intervenant a plus d’une fois rappelé aux participants qu’il ne faut jamais mettre une personne dans une situation de désespoir.

Dans quelques soit la situation, tant dans les relations sentimentales et amoureuses, les relations interpersonnelles, les relations professionnelles, les relations institutionnelles, les relations internationales en général, une personne qui se sent face à une situation de non-retour, totalement désarmée et ne disposant d’aucune autre option pour discuter, pour négocier, pour sauver son honneur et sa dignité, ou pour se réinventer sera toujours prête à tout. Elle ira certainement jusqu’au bout comme ce fut le cas des esclaves lors de la Révolution de 1804.

Depuis ces différentes études de cas réalisées en 2003 au cours de ce séminaire, et qui se perpétuent encore plus de dix-sept ans après dans la réalité haïtienne, nous sommes encore tous invités à prendre en compte les principes de base liés à l’intelligence émotionnelle et à l’intelligence collective pour pouvoir trouver la voie du salut.

Déception, suivie de dépression, est dans la liste des causes profondes liées aux multiples dégâts immédiats et sur le long terme causés à tous les niveaux sociopolitiques, professionnels, sentimentaux et familiaux.

Devenez une menace et vous serez entendu ! Dévoilez votre véritable capacité de nuisance et vous serez entendu ! Détruisez les biens d’autrui sans aucune crainte de sanction devient la nouvelle arme pour faire passer les messages.

Désordre généralisé ou désordre institutionnalisé, tel est le message officiel qui a été lancé visiblement à l’ensemble de la société haïtienne. Les plus hautes autorités semblent ne pas véritablement comprendre les conséquences de telles décisions qu’elles pouvaient éviter dès les premiers moments de la crise.

Des policiers en colère depuis plusieurs mois et semaines qui exigent de l’attention des décideurs et espèrent que la société les accompagne autour des trois principales revendications suivantes : La reconnaissance de s’organiser en syndicat ; les meilleures conditions de travail ; et la réintégration de leurs collègues révoqués.

Dommage que dans les hauteurs du pouvoir la sagesse politique et l’intelligence collective ne trouvent pas toujours des terrains fertiles pour fleurir et nourrir les plus grandes décisions des femmes et de nos hommes d’État.

Dire que nos plus illustres dirigeants ne se souviennent pratiquement pas des chapitres abordés dans les cours de sciences sociales qui rappelaient toujours : « En cas de révolution, la classe esclavagiste n’avait rien à perdre et pratiquement tout à gagner. Parce les esclaves n’avaient ni plantation et aucun bien dans la colonie ! Donc ils avaient tout à gagner avec le départ des colons et des affranchis ».

Demain nous risquons de voir les lycéens et les universitaires, le personnel des enseignants et du secteur de la santé, et tous les autres secteurs et regroupements parmi les plus vulnérables du pays utiliser ces mêmes pratiques de destructions des biens privés et publics pour faire entendre leurs voix même légitimes dans le chaos et le traumatisme des pauvres civiles, innocents et victimes inutiles.

Dire que demain, les prochains regroupements de professionnels frustrés qui vont revendiquer bientôt avec autant de rage, de violence et de vengeance, vont retrouver sur leur route les mêmes policiers frustrés d’hier, en uniformes et qui portaient des masques lors de ces attaques sur la vie et les biens des institutions publiques et des paisibles citoyens. Quelle moralité pour sanctionner ? Quelles autorités légitimes face aux mêmes dérives portées par différents secteurs ?

Devant l’obligation de sauver les quelques meubles qui restent dans la maison, les élites et les dirigeants devraient se mettre d’accord sur l’importance de miser avant tout sur les négociations avant toute forme de sanctions précipitées capables, de causer encore plus de torts moraux et des dégâts matériels irréparables. Plus que jamais, l’exemple doit toujours venir d’en haut. Parce que diriger c’est prévoir !

Dominique Domerçant




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