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Il est nécessaire de rassurer

Il est nécessaire de rassurer



Même le contexte actuel de la menace sérieuse du Coronavirus n’arrive pas à calmer le jeu du comportement le plus belliqueux des Haïtiens entre eux. Sans intelligence et surtout sans empathie aucune, chacun met en avant sa petite lutte, ses soutiens et ses semblants de victoire dans des démonstrations qui utilisent la presse comme caisse de résonance. Et ce n’est qu’en toute logique que les plans de contingence et les stratégies d’État pour faire face à la pandémie soient totalement éclipsés. Nous n’osons pas imaginer qu’ils n’existent pas, car le virus se propage rapidement et partout, les autorités prennent des mesures radicales pour protéger les populations qui sont à leur charge. Nous n’osons pas croire que le Pouvoir agit délibérément avec de la nonchalance ou de l‘insouciance face à une menace sérieuse et donc l’impact est imminent.

Il est évident qu’en pareille situation, la volonté du Pouvoir, traduite en activités cohérentes, doit s’appliquer pour trouver la meilleure réponse à donner à la menace. Le pouvoir, et nul ne peut prétendre le contraire, est revêtu d’une légitimation pour prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer la protection et le bien-être du corps social dans son ensemble. Il va de soi que l’urgence de l’heure ne peut pas être abordée avec les vieux dispositifs qui ont le don, au-delà de celui de faire rire et pleurer en même temps, de renforcer les traits d’une caricature de la gestion des secours lors des désastres. Il faudra plus que la déclaration tardive de la loi d’urgence et les ballets des missionnaires (religieux ou humanitaires) avec leurs bibles et leurs rapports incomplets. Par le passé, ces dispositifs ont permis à certaines personnes de voler impunément et à d’autres de soulager leur conscience et de remplir leurs albums de souvenirs.

On ne peut pas oublier que la production nationale est moribonde. Les forces économiques du pays ont, depuis plusieurs décennies, choisi, de manière brutale, d’importer et de distribuer des biens au lieu de les produire localement. Or le temps est à la limitation de la circulation transnationale et au confinement des citoyens dans des espaces préalablement délimités et hermétiques, si possible. De là, on peut déjà commencer à prévoir les expressions du désespoir ou de la condamnation à mort d’une population pauvre, vulnérable et mal informée. Notre pays ne sait pas comment fabriquer des masques et encore moins organiser les écoles, le transport en commun et les lieux d’échanges commerciaux. Notre pays ne ramasse plus ses déchets et ne sait pas faire fonctionner des hôpitaux. Notre pays importe l’essentiel du panier de la ménagère.

Actuellement, les autorités essaient d’informer et de prévenir l’introduction du virus, ce qui équivaut au stade 1 des mesures à prendre. Personne ne souhaite le pire, mais plusieurs pays sont déjà au-delà du stade 2, qui consiste à freiner la propagation du virus, pour s’attaquer aux moyens de limiter les effets de la pandémie (stade 3).

Et, du stade 1 au stade 3, cela peut aller très vite. On finira par trouver les responsables de tout ce qui ne marche pas en Haïti, pour l’instant la population a besoin d’indications claires pour ne pas s’exposer inutilement et céder à la panique. Ce n’est pas en partant à l’assaut d’un bâtiment utilisé pour mettre en quarantaine quelques pauvres voyageurs qu’on va faire peur au virus.

Aujourd’hui, force est de reconnaître que le Pouvoir c’est la force plus la Loi. Pour rassurer, pour calmer et pour protéger la population.

Jean-Euphèle Milcé




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