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Devoir de ne pas décevoir !

Devoir de ne pas décevoir !



Dans la nouvelle gestion de crise actuelle par les autorités haïtiennes avec l’épidémie du coronavirus, nos chefs et décideurs ont tout intérêt à bien gérer l’opinion publique et à rassurer la population dans les plus simples actions en termes d’informations publiques et de communication politique destinées à l’ensemble des familles haïtiennes.

Tant de dettes morales impayées après chaque crise humanitaire et dettes politiques accumulées après chaque prise de pouvoir, au fil des mois et des années, jusqu'à se combiner dans un cocktail chimérique susceptible de créer des mouvements imprévisibles le jour comme la nuit, malgré le couvre-feu, dans une société encore inspirée par des comportements de marrons et infiltrés par des esprits descendant de Makandal, l’un des plus rebelles du temps de la colonie !

Du président de la République, en passant par les ministres et jusqu’aux simples exécutants des commandes ou des livraisons destinées aux populations les plus vulnérables, il faudra des efforts surhumains pour convaincre nos citoyens de la bonne volonté des autorités en poste. Jamais l’Haïtien n’a été aussi méfiant envers ses dirigeants à entendre les discours du simple citoyen comme les réactions qui pleuvent sur les réseaux sociaux !

De même que pour les étrangers qui viendront nous apporter de l’aide quand la situation deviendra ingérable, le doute persiste encore tout en prenant une allure conciliante et moins arrogante parce qu’il s’agit avant tout du «blanc » !

C’est un devoir de ne pas décevoir une nouvelle fois en moins de dix ans, après le tremblement de terre du 12 janvier 2020, ou encore avec la gestion des fonds Petrocaribe, qui a alimenté tous les mouvements de protestations durant les deux dernières années. Il va falloir inventer de nouveaux discours, de nouvelles mesures, de nouveaux masques et des gants plus sains pour assurer la gestion de cette nouvelle catastrophe annoncée dans le pays.

C’est un devoir de ne pas décevoir à tous les niveaux, sachant que l’imprévisible est encore possible dans ce pays atypique. Rien ne bouge désormais dans l’économie nationale. Ce qui confirme que tout est rouge au niveau des indications et dans le tableau de bord de la nation.

Derrière le confinement et le couvre-feu imposés par les autorités pour tenter de protéger certaines familles contre la propagation de l’épidémie mortelle du coronavirus, c’est de l’énergie que la République est en train d’emmagasiner parallèlement, dans une sauce de misère persistante, arrosée par la frustration des revendications sans réponses.

Devoir de ne pas décevoir. Tel devrait être le slogan imprimé sur les toits de toutes les institutions publiques, en particulier, impliquées dans la gestion de cette nouvelle crise humanitaire qui dépasse de loin les capacités techniques, logistiques, économiques et stratégiques de nos administrations publiques.

Dans toute l’histoire d’Haïti, le mois d’avril a toujours été une période souvent alimentée par les tensions populaires et les surprises politiques de toutes sortes. Et ce n’est pas l’ancien président Prosper Avril qui dira le contraire après le coup d’État manqué entre le 1 et le 2 avril 1989, qui allait, durant une semaine, causer les affrontements entre les anciennes unités des Corps des Léopards, des Casernes Dessalines et de la Garde présidentielle !

Devant ce tsunami de contamination qui déferlera sur nos bidonvilles et nos villes entassées dans une promiscuité malsaine, misérable et même malfaisante, pour reprendre ce qualificatif dans « Les dieux sont tombés sur la tête », chaque haïtien, chaque parent, chaque chef de famille, chaque responsable de nos institutions publiques et privées, chaque partenaire a pour devoir de ne pas décevoir autant les morts et les vivants qui vont se confondre dans les prochaines vagues du coronavirus.

Devoir de ne pas décevoir, voilà le slogan qui devrait servir de « Pinga » à ceux et celles qui auront sur la conscience la vie des dizaines et des milliers de familles parmi les plus vulnérables emprisonnées dans leurs maisons, avec le Covid-19 à l’horizon !

Dominique Domerçant





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