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Nous sommes tous concernés

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Le malentendu est énorme. Au nord, il y a quelques semaines, le peuple s’est opposé à la mise en terre du deuxième décédé du Covid-19 et au sud le peuple vient de défier l’état, ses autorités et ses mesures en saisissant le cadavre du décédé numéro 4 pour le veiller et l’enterrer comme bon lui semble. Ils sont de plus en plus nombreux les comportements qui défient la logique, comme s’il ne pouvait avoir rien de plus intelligent que de marginaliser les autorités en ignorant les mesures qu’elles édictent, imposent ou conseillent.

Ailleurs, le confinement, discutable ou pas, oblige la population à se cloîtrer chez elle si elle n’est pas astreinte à la poursuite d’une activité essentielle en temps de pandémie et qu’elle ne peut effectuer à distance. Ici, la population, plus naïve que méchante, investit chaque centimètre carré de la rue, son vrai salon.

Tôt ce matin, malgré la fermeture des écoles et la recommandation de mesures barrières, la foule dans les rues, les véhicules pare-choc contre pare-choc, les petits commerces étendus à même le sol, la crasse, les passagers entassés dans les tap-tap ont offert des scènes de vie inouïes en pleine pandémie Covid-19. Du Champ-de-Mars à Gressier, la pauvreté et le manque d’éducation du peuple font le lit de la bêtise. On dirait un complot contre la collectivité tant les gens sont en surconfiance. Sur tout le parcours, une personne sur dix porte un masque sale.

Et pendant ce temps, les autorités sanitaires font le décompte des infectés et des morts, jour après jour. Et les réseaux sociaux entretiennent, autant qu’ils peuvent, l’angoisse en détournant la réalité pour la transformer en petits lots de buzz. En fonction du temps, de l’heure et de la fantaisie politique.

Nous avons l’impression que cela arrange la population de nourrir une mémoire courte, parce que l’histoire de notre pays est un cimetière d’échecsévitables. Il est évident, en Haïti, que rien n’empêche au virus de se propager sans entrave. Les gens sont collés les uns aux autres et cela semble leur plaire.

Le refus du confinement est pour l’instant la réponse du peuple qui a besoin de brasser chaque jour que le Bon Dieu fait. Et c’est à tort que les gens pensent que le virus n’emportera « que les vieux et les gens qui ont les moyens de prendre l’avion ». Comme si, pour une fois, il n’y a que les riches qui sont mal lotis.

Le vingt-cinquième avis du ministère de la Santé publique et de la population vient d’annoncer le cinquième décès. Il y a fort à parier que ce n’est pas le dernier.

Et, il paraît que le ministre ne sort qu’après 20h

Jean-Euphèle Milcé




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