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Le poids de l’éducation dans la lutte contre le Covid-19

Le poids de l’éducation dans la lutte contre le Covid-19



Les statistiques officielles démontrent que le virus ne fait que s’échauffer avant d’entamer sa course fatale dans un environnement sanitaire, trop longtemps délabré. Le nombre de cas jusqu’ici révélés avec minutie par les services officiels, et les modèles proposés par nos scientifiques laissent, dans la confusion et l’expectative, certains de nos observateurs les plus avertis.

Il y a bien des paramètres qui nous échappent. Entre l’hécatombe que subissent certains pays et cette avancée timide de la mort dans notre milieu qui l’attend les portes et fenêtres ouvertes, tant notre vulnérabilité est grande, nous avons besoin de plus d’éléments d’analyse pour comprendre cette situation angoissante, qui ressemble à s’y méprendre au turbulent silence que vit un soldat sur le front, quelques minutes avant que ne se déclenchent les hostilités.

Nous avons surtout besoin de toucher le plus de monde possible et d’éduquer à n’en plus finir. La fuite de plusieurs personnes testées positives d’un hôpital au Plateau central est révélatrice de la nécessité d’avancer en rangs serrés contre le Covid19. Au National, nous sommes persuadés que ce combat est l’affaire de chaque citoyen, de chaque média. Nous sommes tous concernés, donc décidés à ne pas jouer les marginaux, à être en première ligne d’un combat non partisan pour la sécurité nationale.

Il faut peut-être que le Comité scientifique soit mis un peu plus en avant. Lors de la dernière conférence de presse, le Dr Boncy avait expliqué que le virus s’était infiltré dans la ville de New York depuis le mois de janvier et comme une cellule terroriste dormante, a frappé au mois de mars. Dans le cas d’Haïti, le Covid 19 offre à la communauté scientifique l’occasion de travailler non pas uniquement avec les données qui nous viennent de l’étranger, mais aussi des éléments d’enquête sur ce qu’un observateur éclairé a appelé notre éventuelle « résilience » à des pathologies de souche paludéenne. Quoiqu’il en soit, l’équipe scientifique aura besoin de moyens et des champs de compétence plus élargis pour nous aider à mener cette guerre asymétrique.

Il faudra aussi tenir compte des apports éventuels d’une médecine traditionnelle trop souvent marginalisée. Et ceci sans folklore, avec toute la rigueur que nécessitent des domaines qui relèvent de la science. Toujours est-il que dans cette tour de Babel médiatique, accentuée par les réseaux sociaux, et face à une population incrédule dans sa majorité ; il faudra des actions concertées, de l’autocritique, et une détermination à faire front commun contre cette pandémie qui semble fonctionner par vagues et qui menace encore un pays comme la Chine d’un retour inopiné.

Cette semaine le ministère de l’Éducation nationale a réuni des organisations de la société civile autour de son plan de réponse au Covid-19. Une initiative qui a eu l’heur de solliciter les avis des participants à cette grande rencontre sur la mise en place d’un plan global de réponse. Toutefois, il faudra beaucoup plus pour faire avancer un « projet national » pour l’éducation. Des travaux de commissions sectorielles mixtes pour trouver des réponses sanitaires et scolaires aux nombreux défis que nous pose la pandémie, dans une perspective de la plus haute teneur stratégique, sans démagogie politicienne et autres exercices en futilités.

D’autant que d’après une étude présentée par Sarah Beardmore et Michael Gibbons du Partenariat mondial pour l’Éducation : « À court terme, la fermeture générale des écoles, qui touche 91 % de la population étudiante dans le monde, prive les enfants des services essentiels et de la protection qu’offrent les écoles. Les enfants les plus vulnérables issus des familles les plus pauvres seront les plus susceptibles de voir leur santé, leur nutrition et leur bien-être affectés. Leur apprentissage interrompu et leur sécurité menacée parce que leur école a fermé…pour les filles, en particulier, des milieux défavorisés, la fermeture des écoles signifie qu’elles ne pourront plus jamais remettre les pieds dans une salle de classe (les exposant à des risques accrus de violence domestique, d’abus sexuels, de mariage et de grossesses précoces). À long terme, un demi-milliard de personnes supplémentaires risquent de sombrer dans la pauvreté. Et le choc économique de réduire encore les dépenses en faveur de l’éducation ». Toute chose qui risque d’accroître encore plus les inégalités déjà criantes.

Haïti doit donc profiter de cette situation pour revisiter son « projet pays ». Pour cela, la société civile jusqu’ici trop faible doit s’organiser, se mobiliser pour faire entendre sa voix, mais aussi mobiliser les think tank du savoir pour réfléchir et agir pour enfin changer la donne.

Roody Edmé




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