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Les grandes menaces

Les grandes menaces



Depuis l'annonce des deux premiers cas du Covid-19 en Haïti le 19 mars 2020, le pays a atteint la barre symbolique de 100 cas le 3 mai, dont 11 décès. Ce nombre à trois chiffres, apparemment insignifiant en comparaison aux données de la République voisine où les cas sont dénombrés par milliers, doit toutefois nous interpeller sur l'ampleur de la menace de ce virus qui gagne du terrain dans le pays. À ce jour, le Sud et la Grande-Anse demeurent les deux seuls des dix départements du pays où aucun cas de Covid-19 n'est encore signalé.

La Cellule scientifique et la Commission multisectorielle de gestion du Covid-19 se sont déjà accordées sur le fait que le virus pourrait atteindre son pic à la fin de ce mois de mai. Et le président de ladite Commission, le docteur William Pape, se fondant sur les résultats d'une étude réalisée par une université américaine, entre autres, avait prédit que 426 mille Haïtiens pourraient être contaminés par la pandémie alors que 20 mille décès seraient à déplorer au cas où les mesures appropriées ne seraient pas prises et les gestes barrières appliquées. Le mois de mai est donc décisif dans la lutte contre le coronavirus si les prévisions se révélaient justes.

Pour éviter l’hécatombe annoncée, le port général de masques a été vivement conseillé par ces deux structures mises en place par le pouvoir pour contrecarrer le Covid-19. Voulant donner suite à ces prévisions, le Premier ministre a sorti un arrêté dans lequel il rend obligatoire le port de masques dans les lieux publics. La grande question est de savoir si le pays dispose suffisamment de masques pour l'application d'une telle mesure. À ce jour, les masques et autres matériels commandés par le Gouvernement ne sont pas encore livrés. Alors qu'au mois de mars, le Premier ministre, au Palais national, avait clamé haut et fort que les industries textiles allaient rouvrir leurs portes en vue de confectionner à peu près 22 millions de masques, cette semaine, le principal responsable de la Sonapi a fait savoir qu'aucun contrat n'est encore paraphé entre le Gouvernement et les factories à ce sujet.

Bref. Les demi-mesures, le mensonge ne peuvent en rien aider dans la lutte contre le coronavirus. Les dirigeants doivent jouer le franc jeu pour rétablir un minimum de confiance vis-à-vis de la population qui, en dépit du fait que les cas sont en hausse, s'est montré jusque-là incrédule.

Alors que le sort du pays n'est encore fixé par le Coronavirus, la nature, par ses aléas, semble n'avoir pas trop compati à notre cas. Les dernières pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale haïtienne ont mis à nu notre grande vulnérabilité sur le plan environnemental et en constituent des signes avant-coureurs de ce qui pourrait advenir. À moins d'un mois du début de la saison cyclonique et en pleine crise du Covid-19, la nature nous met en garde.

Il faut donc, tout en luttant contre la pandémie du Covid-19, songer à bien préparer la saison cyclonique qui, au même titre que le virus, peut nous endeuiller et assommer davantage notre économie.

Et le pire est à craindre si le Covid-19, en hausse, s'associerait avec une saison cyclonique agitée. On ne l'aurait jamais souhaité. Cela compliquerait davantage notre situation de famine et déboucherait sur une grande catastrophe.

Car, avant l'arrivée du Covid-19, 4.1 millions d'Haïtiens étaient déjà en situation d'insécurité alimentaire. Avec l'inflation qui grimpe au fil des mois et la gourde qui se déprécie par rapport au dollar américain, la situation des ménages s'est davantage détériorée. Et le risque d'une crise de famine après le passage du Covid19 et la saison cyclonique doit être pris en compte dès maintenant.

Les menaces sont nombreuses et réelles. Les autorités en sont alertées dans le présent éditorial. Fini donc le temps des promesses, le moment est à l'action. De bonnes actions, pour pouvoir faire face aux multiples menaces qui nous guettent.

Noclès Débréus




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