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Des décisions qui ne facilitent pas la lutte contre le Covid-19

Des décisions qui ne facilitent pas la lutte contre le Covid-19



Si l’on se fe aux données communiquées par le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP), le coronavirus est jusqu’à présent clément avec le pays en comparaison aux statistiques d’autres pays, dont la République dominicaine qui partage l’île avec Haïti. Mais par contre, certaines décisions des autorités et la gestion efective de la pandémie ne rassurent pas.

Le comportement de la population, en temps de coronavirus, laisse à désirer. Elle peine encore à respecter les gestes barrières et les mesures sanitaires d’usage. Aussi, le suivi questionnable dans l’application des décisions prises par les autorités a des conséquences réelles sur le comportement des Haïtiens. Partant de l’instauration du couvre-feu jusqu’à la fermeture de certains services, toutes les décisions des autorités n’aident pas réellement dans la bataille contre le coronavirus.

Les marchés publics représentent le plus grand déf pour le pays dans cette lutte contre le coronavirus. Ce sont des espaces de propagation potentielle du virus. Pourtant, les marchands refusent de l’admettre. Il est difcile de faire adopter une série de mesures dans le fonctionnement chaotique de ces marchés. C’est le secteur informel. La façon dont il fonctionne donne des fls à retorde aux dirigeants qui, dans la majorité des cas, ne savent pas comment s’y prendre pour faire respecter les décisions prises pour faire face aux menaces du Covid-19.

Ces derniers jours, les détaillants du secteur informel choisissent un bras de fer avec les maires dans la majorité des communes du pays. Dans certaines villes du pays, dont le Cap-Haitien, Delmas, Petion-Ville, Carrefour, etc., les responsables locaux exigent un fonctionnement des marchés reparti trois jours de la semaine. Dans d’autres localités, des marchands ont même été délogés. De même, les autorités proftent du Covid-19 pour récupérer certains espaces transformés en marché par les habitants.

Si la récupération des espaces transformés en marché est vue comme étant une bonne initiative, le fonctionnement des marchés publics pendant seulement trois jours est, en revanche, sévèrement critiqué par la population qui juge que c’est une décision qui pourrait faciliter encore plus la propagation de la maladie. Avant le coronavirus, le fonctionnement des marchés était soutenu chaque jour (du lundi au samedi), à l’exception du dimanche où les activités sont plus ou moins au ralenti.

En efet, avec l’arrivée du coronavirus dans le pays les jours ouvrables des marchés sont passés de 7 à 3 sans que la quantité de personnes qui utilisent les services du marché en soit atténuée. Dans ce cas, diminuer la fréquence de fonctionnement des marchés ne peut que produire un phénomène d’encombrement. D’autant plus que ceux qui vendent et achètent ne peuvent le faire que pendant huit heures de temps, soit de 6 h à 14 h.

Dans de pareilles situations, les commerçants s’empressent de liquider leurs marchandises. Les ménages s’empressent d’acquérir certains produits, notamment les produits de première nécessité. À ce moment, tout le monde se retrouve au marché en même temps avec les plus grandes difcultés pour respecter des règles de distanciation. Joint aux négligences habituelles des marchands du secteur informel, les marchés publics deviennent dans ces conditions le plus grand foyer de propagation du Covid-19 en Haïti.

Scénario identique pour les banques commerciales qui réduisent les jours et les heures de fonctionnement. La décision concernant les banques commerciales n’a certes pas été prise par l’État haïtien, mais il cautionne cette stratégie qui pourrait faciliter la propagation de la maladie au lieu d’apporter une solution réelle.

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