S'identifier Contact Avis
 
27° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

L’ égoïsme des nations

L’ égoïsme des nations



Face à la catastrophe humanitaire engendrée par la pandémie qui tue à volonté, on était en droit de s’attendre à l’émergence de nouvelles solidarités internationales. Et, pourtant on assiste plutôt à des crispations nationalistes. La fermeture des frontières et la peur de l’autre sont devenues des réflexes de survie. Confinement et distanciation sociale mettent à mal une mondialisation mal partie qui avait érigé en un nouveau « veau d’or », le culte du marché libre et du tout profit.

Les États-Unis devenus selon le mot des éditorialistes du journal français « Libération », « la première impuissance du monde » face au coronavirus accusant la Chine en termes à peine voilés d’avoir instrumenté la pandémie. Pékin de son côté n’est pas en reste, dans cette guerre médiatique, via les réseaux sociaux, pour attirer l’attention sur la déroute américaine face à une catastrophe annoncée depuis le début de l’année. Les propagandistes chinois n’ont eu de cesse de vanter la rigueur, la discipline de leur modèle politique face à un capitalisme laxiste.

Une internaute a même lâché sur Facebook : « Les Américains ne sauvent désormais le monde qu’au cinéma ».

Du coup, Washington brandit son arme favorite des sanctions économiques, incluant ce que l’auteure Sophie Bessis appelait « l’arme alimentaire ». La Chine accuse le Président Trump de vouloir faire de ces nouvelles sanctions un outil de campagne électorale, après avoir perdu la bataille contre le virus. C’est la remontée des nationalismes et de leurs effets les plus pervers. Une sorte de sauve-qui-peut, où des gens soupçonnés d’être infectés par le coronavirus sont expulsés vers leur pays d’origine.

Un jeu machiavélique où la raison du plus fort est toujours la meilleure, comme l’a dit dans une phrase indépassable, le célèbre fabuliste français Jean de La Fontaine. Le bruit a couru que certains matériels médicaux étaient non seulement interdits d’exportation, mais pouvaient être saisis en cas de transit.

Face à cette nouvelle montée des périls, l’Europe tente de jouer la carte de l’unité à travers un vaste projet de recherche médical au nom de « Discovery ». La vérité est que l’égoïsme affiché par certaines capitales ne profite qu’au virus criminel qui remplit les hôpitaux du monde entier de malades et qui affecte ainsi les forces productives.

L’économie mondiale est frappée de plein fouet. Du jour au lendemain on assiste à la destruction de millions d’emplois sur tous les continents. Un des facteurs aggravants de la crise est l’entêtement de certains chefs d’État à vouloir nier l’évidence de la pandémie. Cette attitude qui a déjà coûté très cher aux États-Unis et à la Grande-Bretagne est lourde de conséquences pour un pays comme le Brésil.

Le président Bolsonaro se voit aujourd’hui abandonné même par ses fidèles alliés les plus conservateurs. L’apocalypse frappe partout au Brésil et ses amis évangélistes ont du mal à conjurer le mal. Chaque fois qu’on se moque du virus, il frappe dans l’antichambre des palais et chancelleries. Au 10 Downing Street, à la Maison-Blanche, dans les couloirs du palais présidentiel à Brasilia, on ne compte plus les célèbres malades. Ceux-là qui manifestaient leur défiance vis-à-vis des consignes des autorités sanitaires de leur pays.

Il se trouve que ce sont ces mêmes chefs qui sont pressés de déconfiner leurs populations, au nom du tout économique. Ce sont encore eux qui ne croient pas dans le réchauffement climatique. Ces leaders des mauvais temps conduisent leurs peuples vers une véritable hécatombe et laisseront des cicatrices sur des générations entières.

En 2020, on n’a jamais autant dépensé pour l’acquisition de tous types d’armes. Les plus gros budgets militaires de la planète se trouvent dans les pays ou le virus a fait jusqu'ici plus de dégâts.

Roody Edmé




Articles connexes


Afficher plus [1045]