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Et l'année scolaire?

Et l'année scolaire?



La Covid-19 a tout chambardé. Tous les secteurs sont en train de payer cette lourde tribu générée par la pandémie. En Haïti, le secteur éducatif semble être le plus touché, étant le seul à surseoir à toutes ses activités. Déjà très fragilisée par les multiples épisodes de lockdown, l'année scolaire parait de plus en plus hypothétique. À date, la grande question à se poser: comment va-t-on sauver l'année scolaire ?

Sur les 189 jours de classe que les élèves devraient passer en salle de cours, ils ont pu seulement bénéficier de 68 jours depuis l'ouverture de l'année scolaire jusqu'à 19 mars, date de la découverte des deux premiers cas de la Covid-19 en Haïti. Avec l’évolution de la pandémie qui tend vers son pic, l'état d'urgence déclaré par le Gouvernement devrait être, sans doute, prolongé en vue de mieux contrôler la maladie. La reprise des activités scolaires ne sera donc possible qu'après une certaine maitrise de la maladie par les autorités.

Car, même les pays les plus avancés qui essaient de se déconfiner se montrent encore hésitants quant à la reprise effective des activités scolaires. En Haïti, même si ce débat autour de la reprise ou non des activités scolaires n'est pas à l'ordre du jour, il est toutefois important à ce que les responsables y réfléchissent sérieusement. Comment sauver l'année scolaire dans ce contexte particulier de Covid-19?

Certains experts en éducation, dont deux anciens ministres de l'Éducation nationale ( Nesmy Manigat et Charles Tardieu) proposent le passage automatique comme solution avec un plan spécial de rattrapage sur la nouvelle année scolaire. À présent, le ministère de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle ne s'est pas encore prononcé sur ce sujet préférant se livrer à l’expérience de la formation en ligne à travers sa plateforme Pratic.

Ce plan annoncé par le MENFP dans le cadre de la poursuite de l'année scolaire en ligne semble avoir, jusque-là, du plomb à l'aile. Car, le système éducatif n'est pas préparé à faire un changement aussi brusque vers le numérique. Le ministère, en sa qualité de garant du système, doit éviter de créer une sorte de discrimination dans le système. Il faut travailler pour donner la même opportunité à l'écolier des grandes villes aussi bien à celui des sections communales les plus reculées où les élèves sont presque dépourvus de tout. Donc, Pratic reste très loin de l’outil pratique.

Pour une meilleure planification autour des décisions à prendre concernant l'année scolaire, une certaine synergie aurait dû être dégagé entre la Cellule scientifique, la Commission multisectorielle qui travaillent sur la gestion de la pandémie, le MENFP et les autres parties prenantes du système éducatif qui, à partir des recommandations des scientifiques, pourraient trouver la meilleure formule pour sauver l'année scolaire.

Pour le retour en classe, l'Organisation mondiale de la santé a formulé certaines recommandations. Le respect de la distanciation sociale, mise en place des structures appropriées pour le lavage des mains, port de masques, etc. Ces recommandations seront difficilement applicables dans notre cas en tenant compte de l'exiguïté des espaces scolaires et à cela il faut ajouter la réalité des salles de classe avec des effectifs pléthoriques. À cette phase, même pour la prochaine entrée scolaire, il faut penser à réaménager les espaces pour les adapter à la nouvelle réalité.

Rien n'est dit que le coronavirus ne deviendra pas endémique. À ce moment il faut apprendre à vivre avec. La société est un tout, composée de parties. L’État, même en gérant la pandémie, ne doit négliger aucune autre partie. Dans ce tohubohu généré par la Covid-19, il faut se demander qu'est ce que l'on peut faire pour sauver l'année scolaire.

Noclès Débréus




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