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Marchons unis contre le coronavirus

Marchons unis contre le coronavirus



La lutte contre la pandémie du coronavirus est ponctuée d’hésitations et de faux pas, un peu partout dans le monde. Des dirigeants parmi les plus puissants de la planète ne voyaient pas venir une catastrophe de cette ampleur. Alors que les grandes économies mettent le cap sur un nouveau départ toujours incertain, la maladie vient de prendre une courbe inquiétante en Haïti. Pour éviter une hécatombe, le coude-à-coude doit prendre l’ascendant sur les polémiques partisanes.

Le 217e anniversaire du drapeau, le 18 mai 2020, s’est célébré dans une atmosphère particulière tant en Haïti que dans les communautés de la diaspora. Les avenues de Miami n’ont pas connu l’embouteillage provoqué chaque année par l’événement culturel baptisé Haitian Compas Festival. Les consignes de distanciation sociale liées à la pandémie ont empêché d’autres rassemblements du même genre. Tout de même, les élans de fierté étaient visibles sur les voitures décorées de drapeaux et s’exprimaient sous des formes variées sur les réseaux sociaux. L’âme haïtienne est encore vivante. Dieu merci ! Mais qu’en est-il de la fraternité que symbolise le Bicolore ?

Le plus beau geste envers le Drapeau et les ancêtres aujourd’hui consisterait, pour chaque Haïtien, à apporter son grain de sel dans la sensibilisation contre le coronavirus. Les cas confirmés, incluant des personnalités remarquables, se comptent désormais par centaines. Le nombre des décès ne cesse de grimper. Les autorités n’arriveront pas, à elles seules, à faire un miracle pour sauver le pays face à ce monstre qui a décimé des communautés en Italie, à New Jersey et à New York. Chaque action citoyenne peut se révéler utile dans ce contexte préoccupant.

Avec un système de santé quasi inexistant, le meilleur bouclier reste une campagne de sensibilisation axée sur les réalités socioanthropologiques du pays. Des recherches prouvent qu’au sein d’une bonne partie de la population, les schémas de comportements en matière de recours aux soins de santé sont influencés beaucoup plus par les savoirs locaux que par la médecine hospitalo-universitaire. La thèse de doctorat soutenue en 2011 à l’Université Paris 8 par Damus Obrillant sur la solidarité dans la prise en charge du cancer en Haïti en dit long à ce sujet. Comment ignorer cet aspect de la question dans la campagne de sensibilisation ? Les messages doivent être précis, mieux élaborés et plus largement diffusés.

Les tâtonnements et ambigüités qui plombent la réponse à la maladie dans les pays riches devraient servir de leçon aux dirigeants du tiers-monde. Même avec le recours au « Defense Production Act » de 1950 et d’importants décaissements consentis, les États-Unis d’Amérique ne peuvent toujours pas crier victoire. Le Canada et la France jouent la carte de la prudence. Ceci dit, la guerre contre le coronavirus ne se gagne pas surtout avec les respirateurs artificiels, les masques et les gants. Cependant, la sensibilisation et les mesures appropriées aux vulnérabilités spécifiques des populations peuvent tenir la route jusqu’à ce qu’un vaccin soit prêt.

Après avoir mis en place une cellule scientifique sur la question, le président Jovenel Moise et le Premier ministre, Joseph Jouthe, ont besoin de se montrer réceptifs et impliquer davantage de cerveaux dans les initiatives contre la maladie. Il n’est pas trop tard. La grande catastrophe peut encore être évitée. Du moins, c’est ce qu’on espère.

Kendi Zidor




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