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Deux décennies depuis les élections de 21 mai 2000 !

Deux décennies depuis les élections de 21 mai 2000 !



Dans l’histoire d’Haïti de l’après 1986, en dehors des élections avortées du 29 novembre 1987, il faudrait inscrire la date du 21 mai 2020, parmi les plus maudites ou maladroites dans l’apprentissage politique et l’organisation des élections en Haïti.

Du « Renmen tout, pèdi tout », l’administration Préval (premier mandat) ou le régime Lavalas, après le retour à l’ordre constitutionnel n’avaient pas su jouer le jeu démocratique.

Depuis mars 2000, les tensions des rues, les mouvements de protestations anticipés, de contestations des vrais-mauvais perdants, associés aux actes de violences et d’insécurités allaient causer la mort d’au moins d’une vingtaine de personnes en Haïti.

Des élections législatives et municipales allaient finalement avoir le lieu 21 mai 2000. Une journée difficile et très tendue pour tout le pays, particulièrement pour les policiers à l’époque qui étaient impliqués dans la sécurisation et d’autres missions. Le parti « Fanmi Lavalas », avec à sa tête l’ancien président Jean Bertrand Aristide et le président en poste à l’époque, feu René Préval, allait remporter presque tous les postes, avec 72 des 82 sièges à la Chambre des députés. Et on connait la suite !

Dans la chaine des violences en cascades, on en retiendra surtout qu’une bombe avait éclaté devant les bureaux du Conseil électoral provisoire (CEP).

Dénonciations ça et là, venant même dans le camp du CEP, qui critiquait ouvertement les irrégularités majeures, l’administration Préval allait finalement valider les résultats de la journée du 21 mai 2000.

Devant une telle situation et les violons qui ne s’accordaient pas, le président de ce Conseil électoral provisoire, M. Léon Manus, par son refus de valider ces résultats, avait été contraint de prendre l’exil le 16 juin 2000.

Durant cette même année, après cette écrasante victoire lavalasienne, les élections du 26 novembre 2000 allaient conduire l’ancien président Jean Bertrand Aristide à la Présidence, avec un autre score écrasant de 92 % des votes favorables à son retour triomphal au Palais national.

Dans le même temps, on retiendra le boycott de ces élections les partis de l’opposition au régime Lavalas, qui accusaient ces derniers de tous les maux dans la gouvernance du pays et de tous les mots relatifs à la tenue des élections successives et frauduleuses depuis le 21 mai 2000.

Depuis lors, on connaissait la suite des événements qui allaient nous conduire aux événements malheureux de 2004.

Deux décennies après, il y a un devoir de mémoire à faire et une nécessité d’utiliser ces expériences politiques malheureuses, certainement pour les deux camps, avec la population comme principales victimes pour changer l’ordre des choses.

Deux décennies après les élections du 21 mai 2000, le régime Lavalas n’est plus au pouvoir. L’ancien président Préval et plusieurs autres membres du pouvoir et de l’opposition ont déjà fait la traversée dans l’autre monde. L’ancien président Jean Bertrand Aristide est encore présent. Aussi, plusieurs de ses pairs et ses adversaires au pouvoir aujourd’hui, qui se préparent éventuellement pour les prochaines élections, devraient tout faire pour ne pas commettre les mêmes forfaits.
Dommage pour toutes les victimes !

Deux décennies c’est peu dans l’histoire d’un pays, mais beaucoup dans la vie d’un jeune et de sa famille. Par respect pour les enfants qui auront l’âge de voter en 2030, il est encore possible de réparer ces torts politiques et ces crimes générationnels nés de ces compétitions baisées.

Devant l’urgence d’une pédagogie politique indispensable pour fabriquer les nouveaux citoyens et citoyennes, qui deviendront des dirigeants, des responsables de partis politiques, des candidats et des électeurs plus responsables, les rappels historiques des événements les plus marquants :« Bay kou bliye, pote mak sonje », figurent parmi les meilleurs médicaments pour guérir les maladies liées à l’appétit du pouvoir totalitaire.

Dans l’impossibilité de faire taire la mémoire collective, les dirigeants comme les candidats actuellement en campagne, dans le contexte de Covid-19, sont invités à revisiter les pages d’histoire entourant la date du 21 mai 2000, pour comprendre les impacts négatifs et dévastateurs, contagieux et irréversibles plus de deux décennies après. Et après ?

Dominique Domerçant




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