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La stigmatisation : une catastrophe dans la catastrophe !

La stigmatisation : une catastrophe dans la catastrophe !



La stigmatisation est le meilleur allié de la Covid 19. Ce tueur planétaire a besoin de la rupture des solidarités pour se propager et augmenter le nombre des victimes. Après avoir longtemps cru que le virus était une histoire horrible, inventée par on ne sait quel cerveau détraqué pour imposer à la planète un nouveau totalitarisme, les corona sceptiques ont enfin compris qu’il s’agissait d’une affaire sérieuse.

Toutefois, un malheur ne venant jamais seul, il a fallu que s’ajoute comme dans toute grande peur liée aux maladies, la stigmatisation des personnes testées positives. On se souvient de ce professeur d’une université capoise qui échappa de justesse à une tentative délibérée d’assassinat après s’être lui-même déclaré atteint du coronavirus. Depuis on a assisté à de véritables « chasses à l’homme » atteint par la maladie. Des centres spécialisés ont été attaqués dont l’un a été au Sud-Est du pays.

Le ministère de l’Éducation nationale a lancé une vaste campagne contre la stigmatisation et des responsables au niveau ministériel interviennent régulièrement dans les médias pour souligner les dangers d’une telle attitude.

Nous demeurons persuadés que le travail de motivation doit se poursuivre dans les églises, et les temples vaudou et les communautés de base pour combattre l’ignorance et surtout la peur qui, dans ce cas comme dans d’autres, est une conseillère particulièrement meurtrière.

Il faut attirer l’attention sur la solitude des malades obligés de subir une quarantaine loin de ceux qu’ils affectionnent le plus. Combien de gens ont vu venir la mort, seuls sans personne pour leur tenir la main ? Sans un prêtre ou un pasteur pour les assister suivant leur foi ? Combien vivent dans l’angoisse de ne pas avoir été eux-mêmes les principaux vecteurs qui, sans le savoir, ont contaminé parents et amis ?

Nous voulons dire que la souffrance du malade est à la fois physique et psychologique et mérite notre empathie, notre union pour faire reculer le mal. On guérit de ce mal, il y a des gens, des centaines de milliers qui de par le monde en sont sortis victorieux. On n’en parle pas assez ! Pourquoi détruire un centre de soins sous prétexte que sa seule présence amène la maladie ? Sinon une ignorance totale des principes de base de la santé communautaire.

Notre pays n’est pas le seul concerné par cette alarmante situation. Le journal Le Monde révélait récemment des situations similaires sur le continent africain. Des cas de malades expulsés par leurs propriétaires, des infirmières quittées par leurs époux, des noms jetés en pâture sur les réseaux sociaux. Une jeune Sénégalaise a été harcelée dans son quartier sous prétexte qu’elle « aurait contracté la maladie en couchant avec des blancs »

Au Gabon, les équipes soignantes sont aussi harcelées. Elles sont obligées de garder la plus grande discrétion lorsqu’elles se rendent dans les domiciles. Toujours selon la version en ligne du Monde, daté du 21 mai, recueillant les témoignages d’un biologiste gabonais : « Les gens sont paniqués à l’idée qu’on vienne chez eux...on s’équipe de nos combinaisons à l’intérieur plutôt que sur le perron ».

Les Haïtiens qui sont souvent victimes de discrimination de par le monde, Covid-19 ou pas, doivent faire preuve d’empathie envers leurs concitoyens malades. Dans le cas de cette terrible pandémie, les gestes barrières sont plutôt des gestes « d’auto protection » et de protection de l’autre.

Porter un masque est un signe de respect, d’amour même, envers sa communauté. C’est un signe que l’on se soucie du droit de l’autre à la vie en même temps qu’on préserve la sienne.

La stigmatisation entrave les traitements, empêche les préventions et aide le virus à faire plus de victimes. Il nous faut nous unir tous pour éviter une catastrophe dans la catastrophe.

Il faut faire parler les personnes guéries, et rappeler ce proverbe des sages de chez nous : « maladi pa fèt pou pye bwa » et comme jadis pour le SIDA, « Nou tout ka pran ». Oui ! Personne n’en est exempt.

Roody Edmé




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