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La passion du sadisme

La passion du sadisme



Il ne s’agit plus de projections confrontées à des théories de grands et petits complots. Le pays commence à prendre acte d’un mal, qu’il soit fièvre épidémique ou corona pandémique, qui frappe tous les départements d’Haïti avec une force létale non négligeable. Avec un système de santé quasi inexistant, en dépit des efforts de renforcer actuellement les éléments qui peuvent l’être, le pays risque de crouler sous les cadavres dans les jours à venir. Le cycle de nos défaites risque de se prolonger.

D’ailleurs, il est étonnant de voir avec quelle facilité les pouvoirs locaux se sont montrés peu concernés par la gestion de la pandémie. On aura entendu des maires s’en prendre aux autorités centrales parce qu’elles les traitent avec mépris et distance. On aura vu passer des décisions municipales pour renforcer celles prises par le Gouvernement. Rien de plus. Personne, aucune institution de la République n’a pesé significativement dans la limitation de la propagation du coronavirus. On aura aussi compris que le respect des mesures de précaution et de sauvegarde est extrêmement difficile dans les milieux populaires et pauvres. Il est vrai qu’une partie de la population n’a pas les moyens de croire autant qu’elle ne peut ni se nourrir ni utiliser et jeter des masques. Les mêmes passeront à la casserole confirmant ainsi l’injustice sociale mollement combattue.

Ce qui précède nous donne une idée de la légèreté et de la trivialité avec lesquelles, le pays, dans toutes ses composantes, joue avec la vie, déjà fragile et précaire, des Haïtiens. Le coronavirus a confirmé que le pays est dans un trou d’air depuis longtemps. Nous, Haïtiens, avons le don et l’habitude de nous exposer en permanence. Après le séisme de 2010, nous avons reconstruit à l’identique dans les mêmes zones à risque. Nous roulons sans phares, sans casques et sans ceintures de sécurité sur des routes dangereuses à la vitesse souhaitée. Nous avons transformé nos villes en décharges publiques. Nous brûlons nos sites historiques, nos forêts et nos centres destinés à accueillir les malades de Covid-19.

Et, le lien entre ceci et cela est que nous adorons la sensation de nous faire mal. De creuser notre propre tombe. Du sadisme en son âge d’or.

Après le décompte des morts de la Covid-19, nous renouerons avec les vieilles habitudes pour nous préparer à faire le bilan du prochain ouragan, de l’insécurité qui va jusqu’à s’exprimer par des massacres.

Par ces temps qui courent, la priorité doit être la sécurité de la population. Pour le reste, on ira aux élections avec ou sans unité nationale.

Jean-Euphèle Milcé




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