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Les folles nuits américaines ! « La haine que vous nous transmettez à nos enfants détruira le monde »

Les folles nuits américaines ! « La haine que vous nous transmettez à nos enfants détruira le monde »



Tupac

La mort brutale de Georges Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, alors qu’il était menotté et sous contrôle de policiers a fait enrager une Amérique au bord du chaos. Georges Floyd a été mis aux arrêts, parce qu’il avait en sa possession un faux billet de vingt dollars. On peut comprendre qu’il soit jugé devant un tribunal pour fraude, dans les règles de l’art, avec assistance de son avocat. On aurait su s’il avait consciemment l’intention de frauder ou s’il s’était lui-même fait manipuler. Mais le peuple américain et la communauté noire en particulier ne comprennent pas cette mort par strangulation pour une affaire civile aussi banale. Une vie contre vingt dollars. Cela ne s’est jamais vu même dans les films de cowboys sur le Far West américain.

Georges Floyd est mort étouffé sous le genou implacable d’un des policiers interpellateurs. Les conditions pénibles de son agonie ont révulsé le monde entier. Le prisonnier déjà maîtrisé implorait son bourreau de lui laisser quelques bouffées d’oxygène. Le plus révoltant de cette affaire est qu’au moins un Noir américain a déjà péri en poussant le cri désespéré : « je ne peux plus respirer ».

On se rappelle d’autres cas ou des policiers ont ouvert le feu sur un enfant noir qui jouait avec un pistolet à eau. Des automobilistes fusillés dans leurs voitures parce que le simple geste de chercher les papiers réclamés par un policier pouvait être interprété par ce dernier comme une tentative de s’emparer d’un pistolet dissimulé.

Un manifestant a crié samedi soir au micro de la chaîne américaine CNN : « il faut que le simple fait d’être noir cesse d’être perçu comme un crime ». Ces évènements participent donc d’une longue histoire de violences policières. Jessy Ventura ex-gouverneur du Minnesota a rapporté qu’un de ses amis afro-Américains chirurgien de son état, circule dans sa voiture avec ses papiers sur le pare-brise de son véhicule pour ne pas avoir à les chercher en cas d’interpellation de routine par des policiers à la gâchette facile. Un geste de trop peut déclencher la furie meurtrière des gardiens d’un « ordre assassin ». Toutes les campagnes menées par des organisations de droits civiques et une structure particulièrement militante comme les « Black lives matters », la vie des Noirs compte, n’ont pas réussi jusqu’ ici à arrêter l’hémorragie.

Il se trouve que l’Amérique a profondément mal dans son « vivre ensemble ». Des dizaines de villes se sont enflammées. La capitale américaine a été tellement secouée que le secret service a dû évacuer le président Trump et sa famille dans un bunker hautement sécurisé. Certains gouverneurs ont dû faire appel à la garde nationale et au recours du couvre-feu. Blancs et Noirs ont marché côte à côte criant leur honte d’une société racialement injuste. On a vu des policiers de New York s’agenouiller en signe de solidarité avec les manifestants.

Nul ne sait où ce mouvement historique s’arrêtera. Le chef de la Police de Minneapolis est descendu dans les rues parler aux manifestants et s’adressant en direct sur CNN aux parents de Georges Floyd a affirmé que la mort de ce dernier peut être comprise comme un crime contre l’humanité.

Pour la sixième nuit consécutive, les Américains sont dans la rue pour protester contre la « terreur bleue » de certains policiers et l’omerta qui la couvre du drap « blanc » de l’impunité.

L’Amérique vit des heures sombres et a urgemment besoin d’un leadership qui ne divise point. Un leadership éclairé qui comprend les défis d’un siècle qui s’annonce bouleversant et particulièrement dangereux. C’est dans l’intérêt de la plus puissante des nations, mais aussi du monde entier.

Roody Edmé




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