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Dénoncer l’inacceptable en tous lieux

Dénoncer l’inacceptable en tous lieux



Le coronavirus aura apporté beaucoup de changements dans le monde. Cette crise sanitaire indique de nouveaux comportements qui risquent de se perpétuer dans plusieurs domaines. Les consignes d’hygiène et de distanciation sociale pourraient limiter les poignées de main et les embrassades de tous les jours. Chacun apprend à se protéger des postillons de son voisin. Et brusquement, au moment où l’Organisation mondiale de la santé mettait en garde contre les effets d’un déconfinement massif, un vaste mouvement contre le racisme, lancé aux États-Unis, vient souligner que la haine est une menace aussi redoutable qu’une pandémie.

Des rues vidées, quelques semaines plus tôt, sous l’effet du confinement, sont devenues le théâtre de violentes protestations marquées par des affrontements entre manifestants et policiers. A Minneapolis, à New York ou à Fort Lauderdale, les faits semblent surprendre les gouvernements fédérés. Dans plusieurs autres pays, le hashtag #blacklivesmatter et la vidéo de la strangulation de George Floyd ont soulevé la même indignation. La rupture soudaine avec l’éloignement social, en vue de réclamer justice pour cet Afro-Américain tué par un policier blanc le 25 mai 2020 à Minneapolis, rappelle que la paix sera toujours provisoire tant que la cohésion sociale restera une utopie.

Au-delà des actes regrettables posés par les manifestants aux États-Unis, ce soulèvement apporte un message à ceux qui croient trouver des justifications à leurs indifférences devant des actes d’une pareille cruauté dans leur propre pays. Le silence est toujours un allié de l’injustice. Même une pandémie aussi mortelle que la Covid-19 n’a pu taire les voix des citoyens du monde qui s’indignent devant l’agonie d’un homme qui n’avait que sa voix comme arme de défense. Et vous, Haïtiens, qu’avez-vous comme excuse pour fermer les yeux sur les crimes et injustices dont sont victimes vos compatriotes quotidiennement ?

Haïti, la première République noire du monde, a son mot à dire contre des crimes basés sur l’origine ethnique, la religion et le sexe. Le père de la Patrie, Jean Jacques Dessalines, en avance sur son temps, préconisait une idéologie qui bannit contre toute forme d’exclusion. La justice sociale, son credo, devrait être un socle fondateur de la nation. Par conséquent, le pays doit se mettre debout pour faire cesser les massacres, les viols massifs et le séparatisme social qui ont affecté tant de familles ces derniers temps dans des quartiers pauvres de Port-au-Prince et dans d’autres régions.

Les Haïtiens de la diaspora ont été remarqués dans plusieurs manifestations contre le racisme qui se sont déroulées en Amérique du Nord ces derniers jours. En plus de se sentir menacés par les brutalités policières exercées contre les afro-descendants, ils font montre d’une solidarité qui caractérise leur conscience collective. Mais le combat pour la justice ne doit pas faire de quartier. De même que des voix s’élèvent pour dénoncer la partialité de la justice criminelle des États-Unis, personne n’a le droit de se taire face au mépris du droit à la vie qui tend à s’installer en Haïti. Que ce soit à La Saline, à village de Dieu, à Santo Domingo ou à Minneapolis, toutes les vies comptent.

Kendi Zidor




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