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Besoin de convaincre

Besoin de convaincre



D’un côté, des collines rocailleuses scandaleusement dénudées et de l’autre des bas-fonds inondables et très mal habités par des Haïtiens, des bêtes et leurs déchets. Hazel, Inez et plus près de nous Jeanne et Matthew ont mis en lumière, de la plus cruelle des manières, l’extrême vulnérabilité du territoire haïtien de par sa position géographique et par la dévastation (depuis le littoral jusqu’aux pics montagneux) de son environnement. Et à chaque début de la saison cyclonique, l’inquiétude et l’anxiété deviennent légitimes. Trop souvent, ce qui est de l’ordre du malheur devient banalité. Comme si la République ne peut pas se renouveler sans compter les morts et faire, de manière récurrente, l’évaluation des pertes et des dégâts. Exercice, ordinairement suivi de folles prétentions, d’intenses prières et de grandes promesses.

Si c’est un don d’espérer, la collection des désillusions n’aide pas à imaginer des lendemains meilleurs. En Haïti, nous sommes les habitants d’un territoire qui ne se contente pas d’être dangereux. Il suffit que la nature se mette en colère, l’espace haïtien devient létal. Le pire est que la négation du risque chez la population est un paramètre considérable à prendre en compte.

Lors du point de presse, en début de semaine de la Commission multisectorielle de gestion de la pandémie Covid-19 (CMGP-Covid-19) cela faisait pitié et surtout froid dans le dos d’entendre l’une des plus hautes autorités sanitaires du pays expliquer pourquoi la pandémie s’est propagée à une telle ampleur en Haïti. Malgré la proximité de la menace, la population n’a pas appliqué les mesures prises et imposées par l’État. Plus que l’incrédulité et la défiance du pouvoir, l’absurde a pris le pas sur l’instinct de survie. Même avec le décompte des nouveaux cas et des morts au quotidien, même avec la mystérieuse épidémie de fièvre et les victimes du « malaise », la formule pour associer la population à la sensibilisation pour mieux combattre la pandémie n’est pas encore trouvée.

En ce début de la saison cyclonique 2020, d’autres difficultés sont à prévoir pour aider la population à mieux se préparer. D’autant que cette saison risque d’être plus active que d’ordinaire selon les prévisionnistes. Le coronavirus, greffé sur un évènement hydro-météorologique de grande intensité, fait craindre un risque de catastrophe majeure dans un pays déjà mal en point.

Il est tout à fait louable de produire des plans de gestion, mais il est actuellement urgent de convaincre la population à adopter un comportement responsable et salvateur. Il est difficile de faire respecter les lois et l’autorité en Haïti. Soit ! Toutefois, la peine à venir risque d’être sans secours.

Il reste un fait que les candidats qui se placeront dans les starting-blocks des élections à venir doivent se préparer à mener campagne et à faire des promesses dans un pays vulnérable et qui n’a pas su se protéger du contexte inédit de la Covid-19.

Jean-Euphèle Milcé




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