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Black Lives Matter

Black Lives Matter



Les manifestations contre le racisme se sont amplifiées dans le monde entier ces derniers jours. Le weekend a été particulièrement marqué par des défilés dans plus d’une cinquantaine de villes américaines et européennes.

Samedi soir sur les écrans de CNN, ce fut la version civique du « Saturday night fever » à l’américaine. Des foules remplissaient les rues dans une ambiance de carnaval, comme pour célébrer, naïvement peut-être, un tournant dans l’Histoire des États-Unis. Il y a malgré tout dans ce vaste mouvement qui illumine la planète entière une affirmation profonde de la dignité humaine. La même réaction de révolte que l’on soit Irlandais, Polonais ou Tunisien. De Washington à Paris, en passant par Tunis et juste sur les ruines de la cité d’Idleb en Syrie, ravagée par la guerre civile, on n’entend plus qu’un air : « la vie des Noirs compte ».

Voilà un phénomène jamais vu dans l’histoire en ce sens qu’il franchit allègrement la barrière des ethnies et des préjugés de couleur pour se propager sur la planète tout entière. Par la magie d’un cliché pris à partir de smart phones, le monde découvre en instantané des siècles d’histoire.

Tout se passe comme s’il s’était agi d’une saisissante et brutale prise de conscience à partir d’une image qui cette fois-ci vaut des milliers de livres d’Histoire. Ce n’est pas la première fois qu’un Noir sans défense meurt suite à des brutalités policières. Mais ce genou sur la gorge de ce doux colosse noir avait quelque chose de choquant et de symbolique qui a fouetté les consciences et fait remonter de l’inconscient de millions d’hommes, une injustice pourtant connue et qui remonte très loin dans le passé
L’Histoire nous réserve de ces surprises qui prouvent que la mobilisation des peuples prend souvent le temps de mûrir et qu’un jour une goutte d’eau finit tôt ou tard par faire déborder le vase.

Le moment est d’autant plus historique que nous ne sommes pas devant uniquement la colère de la « rue » américaine. Ce pays a connu par le passé, bien des émeutes raciales, mais cette fois la grogne a été entendue jusque dans les institutions. Des policiers -également blancs- ont mis un genou à terre en signe de protestation, imitant un geste de quelques athlètes américains largement critiqué à l’époque dans les milieux conservateurs.

Le footballeur afro-américain Collin Kaepernick a rendu célèbre ce geste devenu culte : en 2016, il s’est agenouillé, le poing levé pour protester contre le racisme anti-noir et les violences policières. La puissante National Football League avait pris position sur la question en le privant d’équipe pendant plus d’une année.

Le genou à terre est devenu un symbole contre la discrimination raciale et les violences policières. Selon notre correspondante en Allemagne, dans presque toutes les manifestations qu’elle a couvertes, la foule a fait ce geste pendant les moments de recueillement.

La grogne d’anciens officiers parmi les plus décorés de l’Armée des États-Unis contre une éventuelle utilisation de troupes combattantes contre les civils américains, perspective évoquée par le président Trump a provoqué une véritable tempête à Washington.

Le candidat du parti démocrate Joe Biden tente de réaliser le grand écart entre les forces progressistes américaines, et une certaine droite modérée. Il s’est engagé à recoller les morceaux d’un pays brisé par les injustices économiques et raciales. Ce n’est nullement encore la fin de l’histoire. Le président américain Donald Trump, en très mauvaise posture, s’accroche à sa base militante et fanatique.

Ceux qui ont entretenu ce système depuis d’aussi longues années ne vont nullement sur un coup de baguette magique abdiquer leurs privilèges et mettre fin au « savoureux » mythe de supériorité si cher à des millions de Blancs. Toutefois, quelque chose de plus profond est parti des entrailles de l’Amérique et fait écho dans le monde entier, et risque d’emporter bien de statues de sel.

À commencer, on l’espère par une réforme de cette police « dressée » et équipée comme une armée, à côté d’autres mesures disciplinaires et éducationnelles qu’il va falloir prendre absolument si l’Amérique veut redresser son image fortement écornée.

Roody Edmé




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