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Pour un sursaut patriotique

Pour un sursaut patriotique



La pandémie de la Covid-19 semble ne pas être assez virulente pour faire taire le débat autour de la fin du mandat du président de la République. Si elle a pu offrir une accalmie politique à Jovenel Moise en apaisant les tensions des rues, la Covid-19 ne peut toutefois lui garantir une fin de mandat tranquille au 7 février 2022 conformément au vœu du Palais national. Le débat se polarise de jour en jour. Les positions se durcissent. Et l'accord politique nécessaire politique qui n'a jamais pu se conclure entre les forces vives de la nation (durant les années passées) va être incontournable à partir du 7 février 2021 pour empêcher au pays de sombrer dans le chaos.

Ainsi, les acteurs politiques, au lieu de se fourvoyer dans le débat sur 2021 ou 2022, feraient mieux de penser à cet accord vital pour le pays. Le Palais national ferait également mieux de penser à cet accord patriotique avec toutes les forces vives du pays au lieu de payer les lobbyistes de Washington. Car, la date du 7 février 2021 est une échéance constitutionnelle qui marquera la fin du quinquennat qui a débuté le 7 février 2016 avec la fin du mandat constitutionnel de Joseph Michel Martelly.

La logique du quinquennat présidentiel prôné par la Constitution du 29 mars 1987, amendée le 9 mai 2011, a pris tout son sens à partir du mandat de Jean Bertrand Aristide le 7 février 1991. Après son séjour en exil durant trois ans, il est revenu en 1994 pour poursuivre son mandat jusqu'au 7 févr. 1996 lorsqu'il a passé le maillet à son dauphin René Préval. Ce dernier a conduit la barque de la nation de 1996 à 2001 et repassé le flambeau à JBA.

Ce quinquennat (2001-2006) a été partagé entre le président Aristide (2001-2004) et le président Boniface Alexandre (févr. 2004-14 mai 2006). René Préval a repris les commandes en 2006 pour les passer à Michel Martelly en 2011. Ce dernier a régné jusqu'au 7 févr. 2016 conformément à l’article 134.2 de la Constitution en vigueur. Ce 7 février 2016 qui marquait le début d'un nouveau quinquennat présidentiel, Michel Martelly avait confié les destinées de la Nation à l'Assemblée nationale qui, sept jours plus tard ( 14 février), avait élu Jocelerme Privert au second degré.

Le quinquennat 2016-2021 est ainsi partagé jusqu'à ce jour: Evans Paul ( 7 fév.-14 févr. 2016), Jocelerme Privert ( 14 févr. 2016-7 février 2017) et Jovenel Moise ( 7 février 2017 à date). Au cours de ce quinquennat, dans l'esprit de la Constitution, le pays a connu 7 gouvernements: Privert- Paul, Privert-Jean Charles, Moise-Jean Charles, Moise-Lafontant, Moise-Céant, Moise-Lapin et Moise-Jouthe.

Ainsi, 7 février 2021 marquera constitutionnellement la fin d'un quinquennat et du même ouvrira les perspectives d'un nouveau au regard de la Constitution. Malheureusement, la mauvaise gestion faite du temps et les manœuvres politiques de se perpétuer au pouvoir nous poussent souvent à voler la charte fondamentale au profit des intérêts personnels.

S'il est vrai que la Constitution en vigueur, comme toute œuvre humaine est parsemée de failles, elle ne contient toutefois aucune ambigüité quant aux échéances électorales. La faute doit être incombée aux différents pouvoirs qui se sont succédé dans l'arène politique haïtienne qui n'ont jamais jugé bon d'appliquer à la lettre la Constitution, sinon que lorsqu'elle favorise leurs affaires.

Cette crise en gestation avec ce débat sur la fin du mandat de Jovenel Moise est avant politique avant d'être constitutionnelle. Notre rapport au temps et le mépris affiché vis-à-vis de la Constitution et des lois haïtiennes nous conduiront encore dans des crises même si on changeait de constitution. Les lois ne sont rien sans les personnes qui les font appliquer, dit-on.

À cette phase, il faut un accord politique avec la participation de toutes les forces vives du pays pour le sauvetage national. Les questions relatives à la révision constitutionnelle, la durée des mandats des élus ( qui doit être unifiée pour réduire la fréquence des élections) et d'autres grands chantiers devraient constituer l'ossature de cet accord politique. Que Jovenel Moise doive partir ou rester au lendemain du 7 février 2021, il faut cet accord avec un agenda bien défini.

À ce niveau, le président de la République doit reconnaitre qu'il est le chef d'un État et non celui d'un clan politique pour se transcender en vue de faciliter cet accord bienveillant et salvateur pour le pays. Trop de sang a déjà coulé durant les multiples épisodes de pays lock. et cette saga annoncée au lendemain du 7 février 2021 risque d'être encore plus fatale et létale que le lock-down ainsi que le coronavirus.

Pour nos familles, nos enfants, notre patrie commune, faisons ce sursaut patriotique pour ne pas laisser les destinées de la nation dans la boue et au gré des rapports de forces.

Noclès Débréus




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