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Farah Martine, l’absente

Farah Martine, l’absente



En ces temps, il est difficile et même indécent de goûter aux paroles de ces haïtiens du monde, écharpes au vent, la dernière mode stylistique des grandes capitales francophones au bout des lèvres pointues. Il n’est pas de plus grand désespoir que d’apprendre que les causes haïtiennes sont trop petites pour être portées par nos compatriotes trop bien et trop en réussite. Ces luttes ne sont pas universelles, historiques et assez fondamentales pour l’humanité. Tenir discours sur la violence policière et la toute puissance des gangs en Haïti est l’expression d’une aigreur mal refoulée. De la politique suspecte. Par contre, s’indigner parce que les poils d’un koala sont roussis par les flammes en Australie prouve qu’on est citoyen du monde. Concerné. Eclairé. Militant.

Et, pour ces curieuses raisons, des gens perdent, en Haïti, leurs vies, leur dignité et leurs biens dans l’indifférence la pus totale de la population et de ceux qui l’influencent avec leurs œuvres, leurs expériences et très souvent avec leurs impostures.

L’assassinat brutal de Farah Martine Lhérisson Lamothe et de son mari Lavoisier Lamothe, en début de semaine, nous rappelle que le principe du droit à la vie doit être, enfin, posé avec sérieux, acuité et insistance en Haïti. Dans un pays qui a mené, il fut un temps, un combat d’avant garde pour enlever à une catégorie d’humains le droit de disposer de la vie des autres, il est inconcevable que personne n’agisse pour protéger la vie des Haïtiens.

Bien entendu, la vie de la poétesse vaut celle de l’ingénieur et du gardien, du policier et chauffeur de taxi. Mais après l’atténuation de la stupeur, la société, y compris les pouvoirs publics, se refugieront dans le déni tranquille. N ap avanse. Le jeune Laurent (11 ans), les enfants Dougé et trop d’autres survivront, (espérons-le) à leurs traumatismes. Ils ont assisté à l’agonie de leurs parents baignant dans leur sang.

Que peuvent « Itineraire zéro » et cette poésie qui parle d’un pays en déchéance contre la barbarie des maltraitants ? D’autant plus qu’ils ne seront jamais recherchés et arrêtés. Un signe fatal.

Il est peut-être temps de demander aux forces de sécurité de faire connaître la vision et l’interprétation qui est faite de leur mission dans une société où il est banal et facile d’assassiner. Pour ce, il va falloir mettre ensemble plus de voix justes et sincères.

C’est un champ de bataille à investir pour faire respecter le droit à la vie en Haïti où elle ne cesse de reculer. Ç’est un combat à mener pour rendre la société moins tolérante envers ses tortionnaires.

Le comble serait de penser, impuissants, à Farah Martine et de la présenter, à titre posthume, « intellectuelle de belle eau ». Elle est la sœur martyre. L’absente.

Aux prochaines élections, Farah Martine ne votera pas pour ce candidat qui trouvera les meilleurs mots de campagne pour exprimer son profond respect pour la vie des ses compatriotes, des Noirs et de toute l’humanité.

Jean-Euphèle Milcé




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