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Quand l’impunité dicte sa loi !

Quand l’impunité dicte sa loi !



La nouvelle a l’effet d’une bombe. Lundi 15 juin aux environs de 8heures du soir, deux jeunes professionnels sont assassinés chez eux, le gardien de la maison grièvement blessé. La peur s’est emparée de la ville et l’indignation gagnait peu à peu les quartiers avoisinants au fur et à mesure que la nouvelle se répandait comme une trainée de poudre.

Comment est-ce possible ? Dans quel cerveau a pu germer un meurtre aussi crapuleux que sordide ? Quels motifs peuvent expliquer le sacrifice de deux brillants professionnels ? L’émotion et la stupeur parcoururent la cité comme un frisson lugubre. Ce crime, en plus de ceux qui sont commis tous les jours dans les quartiers populeux, déroule sur notre pays un vaste linceul. Les citoyens se demandent jusqu’où nous conduira cette impunité crasse que destructrice.

Il y a quelque chose de pourri dans notre société qui mérite d’être expurgée. Les assassinats sont devenus une manière de régler les comptes. Les tribunaux, les bureaux de la police sont désertés et des commandos de la mort sillonnent nos rues de cadavres ou font irruption dans des maisons privées pour mener à terme leur sordide et lâche besogne.

L’ingénieur assassiné fut un brillant informaticien diplômé de la Faculté des sciences, sa femme une écrivaine et éducatrice de carrière connue pour sa passion pour l’éducation. Elle avait créé une annexe de son école dans une ville de province, souhaitant faire bénéficier à d’autres enfants hors de la capitale de ses compétences.

La vie, comme disait le poète Anthony Phelps, est partout en veilleuse. Sous la dictature, il y avait une répression terrible qui frappait les opposants et parfois avec de dramatiques dommages collatéraux ; ce à quoi nous assistons aujourd’hui est une poussée anarchique du crime, la multiplication d’espaces de non-droit et une mise en déroute des structures étatiques.

Selon Me Jacques Letang, président de la Fédération des barreaux d’Haïti (FBH) et membre du Bureau des droits humains en Haïti (BDHH) : « L’État perd chaque jour davantage le monopole de la violence légitime. De nombreux quartiers populaires sont transformés en zones de non-droit, où la vie de chacun est soumise au bon vouloir des gangs de mieux en mieux armés et organisés. La plupart des institutions publiques situées au Centre-ville de Port-au-Prince sont désertées. Les bandits armés font souvent fuir du Palais de justice les autorités pourtant chargées de garantir l’ordre public. » Cette intervention de cet homme de loi devant le Conseil de sécurité des Nations unies traduit en lettres de feu, la réalité mortelle qui empoisonne le quotidien du citoyen haïtien déjà assez difficile.

Nous avons laissé, depuis deux décennies, grandir un phénomène qui menace notre souveraineté et risque de transformer l’espace haïtien en un point rouge de la flibusterie post-moderne dans les Caraïbes. La Police nationale tente avec ses faibles moyens de poser de temps en temps quelques actions d’éclat, mais elle est minée de l’intérieur par des divisions qui menacent ses fondements de corps chargé de la sécurité des vies et des biens.

L’opinion publique attend le résultat de l’enquête. L’heure de reddition des comptes est venue. Nous avons le droit de savoir, ce qui s’est vraiment passé un soir orageux d’été dans le foyer paisible de jeunes professionnels haïtiens.

Roody Edmé




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