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Déconfinement à l'envers?

Déconfinement à l'envers?



À partir de ce 30 juin, Haïti est officiellement rouverte au monde extérieur. Autrement dit, le pays est déconfiné sous l'instruction du président de la République. La grande catastrophe annoncée ne s'est pas produite jusque-là même si le pays demeure toujours dans l'œil du virus où les décisions irréfléchies ajoutées aux négligences peuvent facilement conduire à une résurgence brutale de la pandémie. Ce qui plairait probablement, ceci à plus d'un titre, à certains acteurs politiques ainsi que ceux de l'humanitaire.

Cette décision du pouvoir en place de rouvrir les frontières, ports et aéroports du pays survient à un moment où les autorités sanitaires ont perdu le contrôle quasi total de la maladie sur le territoire national. S'il est vrai que les multiples cas de fièvres et du « petit malaise » sont en baisse, jusqu'à présent le ministère de la Santé publique et de la Population n'est pas en mesure de nous en dire toute la vérité. Est-ce que les cas de fièvre et de petit malaise qui a fauché bien des vies étaient liés au Coronavirus? En effet, en rouvrant le pays les autorités ne s'inscrivent-elles pas à contre-courant des mesures/consignes édictées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, dit-elle, craint jusqu'ici le pire dans le cadre de l'évolution de la pandémie? Aujourd'hui (30 juin 2020), le monde a franchi le cap de dix millions d'infectés de la Covid-19 et plus de cinq cent mille de morts sont à déplorer.

Le Coronavirus demeure donc un souci majeur pour tous les dirigeants responsables. Car, le virus est jusqu'à présent hors de contrôle. Certains pays, ayant été déconfinés, constatent ces derniers jours une remontée spectaculaire de nouveaux cas. Actuellement l'Amérique du Sud représente l'épicentre de la pandémie avec le Brésil en tête ou plus de cinquante mille morts sont dénombrés.

Les États-Unis, toujours au premier rang de la pandémie en terme de victimes (morts et personnes infectées), continuent d'enregistrer de fortes statistiques liées à de nouveaux cas de coronavirus. La zone Floride où réside une forte communauté d'Haïtiens accuse des chiffres record de coronavirus.

En Europe, certains pays même en étant déconfinés gardent leurs frontières toujours fermées avec l'extérieur. Des pays de l'Union européenne et le Canada, pays voisin des États Unis, n'envisagent pas encore la réouverture de leurs frontières, ports et aéroports avec la République étoilée, très touchée par la pandémie.

C'est dans ce contexte particulier marqué par l'incertitude et l'hésitation à l'échelle mondiale que les autorités haïtiennes ont décidé de rouvrir le ventre du pays aux étrangers. Le Gouvernement, à travers le Premier ministre, n'a pas caché son intention d'accueillir des touristes au cours de la période estivale coïncidant avec les fêtes champêtres qui, généralement, attirent la grande foule. Les autorités ont feint d'ignorer que ces espaces ne pourront facilement se transformer en des foyers de contamination de la Covid-19.

« Peyi a pa fè dola us, se moun ki pou pote l », avait déclaré récemment le Premier ministre, une façon, peut-être, de dire qu'il choisirait l'économie au détriment de la santé de la population. Et la décision qui s'ensuit une semaine après concerne la réouverture des ports, aéroports et les points frontaliers avec la République dominicaine qui se bat encore contre le coronavirus.

Après l’ouverture des ports, aéroports et des frontières, le président de la République appelle à la reprise graduelle des autres activités. Les églises, les universités, les écoles et autres vont pouvoir rouvrir leurs portes prochainement pendant que le Coronavirus est encore en activité dans le pays où les cas « officiels » sont recensés par dizaines au quotidien.

Avec cette gestion minable de la pandémie, les autorités ont clairement exposé leur inscience. Apparemment, elles cherchent encore à avoir raison conformément à leur projection funeste. Car, n'était la protection naturelle/divine, les projections de 1000 à 1500 morts par jour auraient été bien réelles. Et ce n'était pas les demi-mesures annoncées qui empêcheraient la grande catastrophe qui serait plutôt bénéfique pour le reste du mandat de Jovenel Moïse. Cela peut paraître cynique, mais il demeure un élément des enjeux politiques liés au Coronavirus au même titre que les États-Unis où le président Trump a appelé à l'ouverture du pays pour gérer son agenda politique à l'approche de la présidentielle du 3 novembre 2020.

Dans une perspective digne des idées de Machiavel, les politiques, dans leur gestion de pouvoir, n'auront jamais à choisir entre le bien et le mal, mais entre le mal et le moins mal. Pour des politiques, le moins mal correspond souvent à ce qui favorise le mieux leurs objectifs et/ou leur agenda politique. Les décisions peuvent paraître parfois à l'envers à première vue, mais soumises à l'analyse politique, elles peuvent être révélatrices du vrai agenda ainsi que les intérêts mesquins des chefs, ce au détriment du peuple considéré toujours comme canaille.

Noclès Débréus




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