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Quand l’économie prime sur l’Humain

Quand l’économie prime sur l’Humain



Aux États-Unis, l’épidémie de la Covid-19 semble être totalement hors de contrôle. Un phénomène ahurissant dans le pays le plus puissant du monde, connu pour son bassin scientifique et sa puissance technologique. Ce qui s’y passe actuellement ne relève pas uniquement de problèmes strictement en rapport avec la propagation exponentielle du virus ou de sa dangereuse capacité à se muter. Il existe d’autres facteurs qui viennent sérieusement questionner l’incroyable légèreté des leaders du monde.

Il se trouve que pour la première fois dans un cas aussi spectaculaire de santé publique, la politique et l’idéologie ont eu la part belle. Pendant trop longtemps, l’administration américaine a voulu minimiser la puissance destructrice de la pandémie. Le président Donald Trump est lui-même monté au créneau pour rassurer l’Amérique sur ce fléau qui, affirmait-il, ne durerait que quelques jours, le temps pour les « meilleurs médecins » du monde de venir à bout de ce virus identifié comme « une arme fatale chinoise ».

Aussi, l’Amérique était en guerre contre le « virus chinois », une bataille plus idéologique que médicale, puisque la théorie du complot faisait rage et embrumait les cerveaux des responsables politiques les plus autorisés, contredisant les analyses du Docteur Fauci, le responsable scientifique en charge de combattre la pandémie.

Il y aussi que la première économie du monde ne peut s’arrêter à la veille d’une élection cruciale pour l’actuel locataire de la Maison Blanche. Le résultat est catastrophique, les statistiques donnent le tournis aux journalistes du monde entier. La Floride a connu ce samedi un record de cas de Covid-19, 11,458 cas en moins de vingt-quatre heures. Face à l’ampleur dévastatrice du virus, un couvre-feu a été décrété pour limiter la circulation des gens dans un Miami by night qui affiche une rare tristesse.

L’Amérique habituée à affronter et vaincre ses ennemis vit aujourd’hui sous le feu roulant d’un ennemi mal connu et sous-estimé au nom d’une « virilité » mal placée. Ceux qui portent des masques sont perçus comme des veules, des lâches, voire des anti-Trump. Au nom de la liberté individuelle, beaucoup d’Américains ont refusé de se plier à certaines contraintes sanitaires suivant ainsi l’exemple de leur « commandant en chef ». Le président lui-même refusant de porter un masque voulant donner l’exemple d’un chevalier sans peur qui ne recule nullement devant la pandémie.

Son adversaire Joe Biden, lui, se pose en modèle pour le respect des normes sanitaires. Toujours masqué et respectant les gestes barrières, il organise ses meetings en petits groupes et grimpe audacieusement dans les sondages.

Mais ce 4 juillet plutôt spécial est quand même célébré avec faste, question de ne pas paraître battre en retraite devant « l’ennemi ». La Maison Blanche a, cette fois-ci, elle-même distribué plus de 300.000 masques et le président a encore une fois stigmatisé le virus venu de Chine et vanté les résultats économiques de son administration.

Tout se passe comme si, depuis le monstre du Moby Dick du roman de l’écrivain américain Herman Melville paru en 1851 et le film « Les dents de la mer », ou encore « E.T » de Steven Spielberg, l’Amérique ne pouvait survivre sans le challenge d’un ennemi à vaincre.

Sauf que cette fois-ci, en voulant placer l’économie avant la santé, la productivité avant le bonheur humain, le Coronavirus frappe au cœur une grande nation riche et puissante qui n’a pas fini d’exorciser ses vieux démons que sont le racisme, les inégalités sociales et une certaine idée préconçue du reste du monde. Le pays vit plutôt ces derniers jours, au temps romanesque des « raisins de la colère »

Roody Edmé




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