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Entre démocratie, élections et progrès

Entre démocratie, élections et progrès



En dépit de la pandémie du coronavirus qui sévit encore de l'autre côté de l'ile, les Dominicains ont été appelés aux urnes le dimanche 5 juillet 2020. Le jour même, le gagnant des joutes est connu et les autres concurrents se sont pliés au verdict des urnes en reconnaissant leur défaite et en saluant la victoire de leur compétiteur. Une belle leçon de démocratie envoyée par la République dominicaine qui s'est bien positionnée dans le concert des nations comme nouveau dragon de la Caraïbe. Alors que la démocratie dominicaine s'est montrée en bonne santé, en Haïti on semble opter pour les vieilles pratiques autocratiques avec un seul maitre abord qui gouverne à coup d'arrêtés et de décrets.

Depuis le 13 janvier 2020, Haïti s'est écartée de la voie démocratique lors que le président de la République a dit constater la caducité du Parlement sans avoir organisé des élections pour pourvoir au renouvellement du personnel de cette institution vitale dans toute société dite démocratique. La séparation des pouvoirs demeure l'un des principes cardinaux de la démocratie. Lorsque les pouvoirs de l'État ne sont pas équilibrés et qu'un seul homme détient le maillet, la démocratie en pâtit immédiatement.

Sur cette base, les pays véritablement ancrés dans les idéaux démocratiques respectent toujours les échéanciers électoraux pour pouvoir renouveler le personnel politique. Quoique le coronavirus sévisse encore dans le monde, certains pays n'ont pas dérogé à la règle démocratique qui consiste à renouveler le personnel des institutions au regard de leurs constitutions et lois respectives. La France avait organisé des élections pour les municipales en pleine crise de Covid-19. La République dominicaine s'est rendue aux urnes pour la présidentielle et les législatives. Les USA s'apprêteront à cet exercice en novembre prochain, et malgré les secousses de la Covid-19, un report de ces joutes n'est pas encore envisagé.

En Haïti, Jovenel Moise qui s'est inscrit dans la continuité, semble marcher sur les sillons de son mentor Michel Joseph Martelly qui n'a jamais organisé d'élections durant son quinquennat. La gouvernance par décret semble être une marque fabrique du régime instauré par le PHTK depuis le 14 mai 2011. En 8 ans de pouvoir, aucune élection n'a été organisée par le régime rose. Les élections de 2015 entachées de fraudes et d'irrégularités avaient conduit le pays dans une transition politique avec l'avènement de Jocelerme Privert comme président provisoire.

Et, Luis Rodolfo Abinader Corona, le grand gagnant de l'élection présidentielle en République dominicaine, n'a pas tort lorsqu'il qualifie Haïti de pays invivable ( pais inviable) dans ses premières déclarations sur Haïti. Les dirigeants et la classe politique haïtienne en général, ont assez fait pour rendre le pays invivable. Ceci, à plus d'un titre. Les élites haïtiennes ne parviennent pas à se mettre d'accord sur aucun projet de société. Chacun se bat pour sa chapelle et son bas ventre au grand dam de la République. En République dominicaine qui a connu, comme nous, des moments de turbulences politiques dans son histoire, les élites ont pu parvenir à un pacte social et politique qui facilite la stabilité politique ainsi que le progrès affiché de nos jours.

La culture politique du peuple dominicain doit être aussi appréciée à sa juste valeur. En dépit du progrès réalisé par les hommes de PLD qui se sont succédé au pouvoir ( Leonel Fernandez, 3 mandats et Danilo Medina, 2 mandats), le peuple a quand même sanctionné le parti en raison du fait que certains dirigeants ont été éclaboussés dans des scandales de corruption. Ce régime de sanction nous manque en Haïti. Nos choix se fondent plus sur les beaux slogans que sur le bilan, le passé et le background intellectuel des dirigeants. En comparant les bilans de Martelly/Privert/Jovenel qui ont dirigé Haïti pendant le règne de Medina en République voisine, c'est vraiment contrastant alors que les deux pays ont bénéficié de la manne Petrocaribe du Venezuela.

Pendant qu'on est en train de faire l'expérience de métro, téléphérique et autres grandes infrastructures en République dominicaine, en Haïti, de nos jours, les cinq axes programmatiques (Économie, Emploi, Éducation, Environnement et État de Droit) du quinquennat de Michel Martelly ne sont même pas retraçables. Jovenel Moise, son dauphin choisi, qui a promis de continuer, corriger et innover les actions de son prédécesseur, a bien réduit les cinq E de Martelly en un véritable « Échec ».

Zéro emploi créé, environnement délabré, économie anémiée, éducation au rabais et le pays est transformé en un véritable État de non-droit avec la prolifération des gangs armés partout dans le pays.

Haïti et la République dominicaine, deux faces d'une même médaille, mais deux orientations différentes. Avec des choix éclairés, la partie est de l'ile emprunte la voie du progrès alors qu'à l'Ouest on patauge dans la grande corruption avec des dirigeants inconscients. C'est juste une question de choix. On récoltera ce qu'on aura semé.

Noclès Débréus




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