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De Danilo Medina à Abinader Corona

De Danilo Medina à Abinader Corona



Danilo Medina s’en va définitivement, et c’est confirmé depuis l’annonce des résultats de la victoire du candidat Luis Rodolfo Abinader Corona, aux élections présidentielles en République dominicaine, organisées le dimanche 5 juillet 2020.

Deux mandats présidentiels pratiquement réussis (en se basant sur les réalisations concrètes et les chiffres) pour le président dominicain sortant, qui devra certainement miser sur son bilan et ses actifs, pour appuyer les activités de son clan politique de reconquérir le pouvoir aux prochaines élections.

Deux économistes (Danilo Medina et Luis R. Albinader Corona) vont ainsi se suivre au sommet de l’État dominicain, qui ne jure que par la stabilité politique et le développement économique et social, incluant le financement de l’éducation et la recherche, des industries touristiques et des infrastructures modernes pour occuper les meilleures places dans la région Caraïbe, sur le continent et à l’échelle mondiale.

Dommage que le plus proche voisin dominicain de la région n’a certainement pas ces mêmes ambitions, à force que ses élites continuent d’afficher une vision géopolitique rachitique et des stratégies d’assistance, qui ne pourront en aucun cas sortir de la misère et du sous-développement la population occupant la partie ouest de l’île d’Haïti.

Déterminé dans sa quête pour le pouvoir, après l’échec des élections de 2012 comme candidat à la vice-présidence du parti révolutionnaire dominicain, Luis R. Albinader Corona, a finalement gagné la bataille électorale, après les huit années au pouvoir de son prédécesseur, pour ainsi célébrer ses cinquante-trois ans le 12 juillet 2020, en tant que président élu de la République dominicaine.

Difficile de parler des élections présidentielles en République dominicaine, sans prendre le temps de comparer les intentions de vote et les intérêts géopolitiques, les institutions et les informations, l’instruction des candidats et les illusions des électeurs, les irrégularités et les impacts réciproques ou récidives de ces compétitions politiques sur l’avenir de la République d’Haïti.

Danilo Medina s’en va définitivement, et sera remplacé par un autre économiste et homme d’affaires, un spécialiste en ingénierie financière, en gestion de projet et en management, formé dans les grandes universités aux États-Unis. Un profil professionnel et un parcours académique qui commencent déjà à inspirer des possibles comparaisons à l’horizon, pour ainsi rappeler de loin le célèbre refrain de la chanson de l’honorable sénateur Jacques Sauveur Jean, dans : « La différence est là ! ».

Dix ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, qui pendant des années a bien servi de prétexte et d’excuse dans beaucoup de discours politiques de nos officiels, et des argumentaires dans l’élaboration de tant de projets et de programmes pour justifier les retards dans le sous-développement d’Haïti, l’épidémie mondiale de Coronavirus va certainement prendre la relève, de façon certainement justifiée aux prochains discours politiques des dirigeants haïtiens pour les années à venir.

Derrière les impacts parallèles néfastes de la Covid-19, sur l’économie de la République dominicaine, particulièrement dans les industries touristiques, l’arrivée prochaine de l’administration du président Corona pour contrer les impacts du coronavirus, va certainement renforcer les stratégies actuelles afin de permettre à la R.D., de rattraper et de dépasser les retards en cours, causés par le confinement de la population voisine.

Danilo Medina restera pendant longtemps, selon certains spécialistes maitrisant les relations entre les deux pays frères, l’un des chefs d’État dominicain qui a su défendre avec intelligence et maturité les intérêts de son pays, tout en calmant en sa faveur le jeu des tensions historiques, des différends politiques, des complexes culturels, et parallèles sociologiques entre les deux pays, notamment en dehors de la question de l’Arrêt dominicain 168-13, relatif à la dénationalisation et l’apatridie des citoyennes et des citoyens dominicains d’origine haïtienne, prononcé en septembre 2013.

Danilo s’en va, d’ici quelques semaines, avec l’installation du nouveau président Luis Albinader Corona. Plus d’un commence déjà à se demander, de quoi seront faits les relations entre Haïti et la République dominicaine ? Quelles vont être les nouvelles orientations en matière de politiques internes (migration, emploi et commerce) et de politiques étrangères (coopération, alliance, leadership) de la République dominicaine par rapport à Haïti ?

Dans la vie familiale, comme dans le parcours académique et professionnel du nouveau président dominicain, il serait important de commencer par s’informer sur la place qu’a occupé l’histoire d’Haïti, la représentation des Haïtiens évoluant dans les deux parties de l’île, le niveau d’appréciation ou de compréhension des figures politiques, des élites et des dirigeants haïtiens d’hier et d’aujourd’hui.

Défendre en premier lieu les intérêts de son pays avant toute chose, avec l’aval des groupes d’intérêts économiques et financiers, l’influence des conseillers intellectuellement et historiquement bien argumentés et préparés, les suggestions des puissants alliés traditionnels et la crainte des influents lobbyistes conservateurs entre autres, telles seront les grandes priorités de l’heure, du président Corona.

Dominique Domerçant




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