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Confusion !

Confusion !



À peine sorti de sa conférence de presse autour de la problématique de l’insécurité, le ministre haïtien de la Justice, Lucmane Delille, s’est vu vite remplacé par Me Rockfeller Vincent. Une décision qui montre que le garde des Sceaux n’était plus en phase avec le reste du gouvernement sur cette épineuse question.

Depuis la création de la puissante fédération armée « G9 et associés », le gouvernement a adopté un profil bas. Me Delille s’est voulu un pourfendeur de l’insécurité chronique qui frappe le pays et un croisé de la lutte contre les puissantes bandes armées. L’ancien ministre voulait-il jouer au Don Quichotte ou entraîner avec lui par induction, des collègues prudents et peu enthousiastes ?

Une seule certitude dans cette affaire, c’est qu’il n’avait pas les moyens de sa politique. Et ses déclarations tonitruantes étaient à des années-lumière de l’équilibre des forces sur le terrain. Tant et si bien que certains des effets de manche de sa dernière conférence de presse ont amusé des confrères de la presse, conscients de l’ impuissance de ce haut personnage de l’ État qui suppliait presque pathétiquement les forces de police de reprendre le contrôle des rues et de faire barrage à cette déferlante du crime organisé.

Mardi 7 juillet, s’est déroulée à Port-au-Prince une scène rappelant celles qu’avait vécues Mogadiscio, la capitale somalienne, dans les années 90. Des hommes lourdement armés d’équipement flambant neuf défilent pendant quelques heures dans la ville terrorisée. En véritables maîtres des lieux, ils ont fait une parade d’envergure militaire avec à la cantonade des tirs d’armes lourdes que l’on pouvait entendre à des dizaines de kilomètres. Cette « armée souffrante » était accompagnée d’une foule tout acquise à sa cause. On n’a pas compris le pourquoi de cette démonstration de force, cependant quelques heures plus tard l’un des porte-parole du G9 a annoncé poursuivre quelques objectifs sociopolitiques dont l’assainissement des quartiers populaires. Le même jour des hommes armés bloquent la route de Martissant en se saisissant des clefs de nombreux bus qu’ils installent au travers de la route.

Quelques heures plus tard, arrive, non le chef d’une quelconque unité de notre police nationale, mais l’un des seigneurs de la guerre de Grand-Ravine qui fait débloquer la route et rétablit illico la circulation.

Nous savions que des décennies voire deux siècles de misère abjecte finiraient par produire une catastrophe politico-anarchiste. Ce que nous comprenons moins, c’est que des cerveaux déréglés, des hommes riches et puissants aient pu alimenter en équipements lourds des bandes armées perdues dans le chaos politique actuel et qui se cherchent une virginité idéologique. L’espace haïtien connaît depuis quelques années une cartographie du crime qui s’est étendue à de nombreuses régions du pays.

Les membres du « syndicat du crime », ”G9 et alliés ” s’imposent désormais comme une guérilla avec un discours antisystème, et s’affirment non seulement comme fauteurs de guerre, mais désormais comme de nouveaux « missionnaires » d’une paix armée. Ils appellent à la cessation du kidnapping, des viols et des meurtres à grande échelle. Ils veulent disent-ils mettre fin au climat d’insécurité et ont appelé à la libération de deux jeunes femmes kidnappées qui ont été effectivement libérées. Le moins que l’on puisse dire, ces nouveaux chefs issus de la marginalité douteuse soignent leur communication. Ils mettent adroitement le doigt sur la béance de la plaie sociale et se substituent à l’occasion aux agents de l’ordre !

Une situation qui interpelle la société tout entière et les réponses ne seront guère aisées. Pendant combien de temps durera cette alliance entre chefs de guerre qui se sont longtemps battus pour des territoires ? Pendant combien de temps des lions connus pour leur férocité continueront-ils à jouer aux gros chats ? Une récente déclaration devenue virale sur les réseaux sociaux, si elle est authentifiée, montre la difficulté du tigre à devenir végétarien.

Le gouvernement en place a-t-il un projet ultime de désarmement par la négociation ou autres moyens que nous ignorons ? Quelles sont les forces véritablement en présence ? Quelles sont les mains velues qui tirent sur d’aussi dangereuses ficelles ? Bref, pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ?

Roody Edmé




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