S'identifier Contact Avis
 
31° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Les nouveaux « commandants »

Les nouveaux « commandants »



Depuis bien des années, Haïti est sous embargo en ce qui concerne les armes à feu. L'achat et la réglementation des armes deviennent la chasse gardée de la Police nationale d'Haïti. De nos jours, quelqu'un qui veut faire légalement l’acquisition d'une arme doit écrire au directeur général de la PNH qui lui délivre une autorisation.Après l'achat le détenteur de l'arme doit se rendre à la Direction de la police judiciaire pour l'enregistrement. Sur le papier, c’est un secteur bien contrôlé. Ce qui parait paradoxal, en dépit des restrictions imposées sur les armes à feu, la population civile n'a jamais été aussi armée. Les groupes armés se multiplient sous les regards tantôt complices, tantôt impuissants de l'État.

À aucun moment de l'histoire du pays, les groupes armés ne se sentaient aussi à l'aise autant qu'ils le sont aujourd'hui. Confiants de leurs puissances, des gangs se sont fédérés et adressent une demande de reconnaissance formelle au ministère des Affaires sociales et du Travail en vue de leur légalisation. Du jamais vu !

À Port-au-Prince et dans les grandes villes (chefs-lieux des départements), la population est familière au phénomène du banditisme. Mais, lorsque ce phénomène déborde le cadre des grandes agglomérations urbaines pour s'installer dans les campagnes, il devient plus inquiétant, surtout la PNH est quasi-absente dans les milieux paysans.

Et certains gangsters chassés de Port-au-Prince et d’autres villes ont trouvé repaire dans les campagnes ou ils se font appeler « commandants » par de paisibles paysans, très étrangers à ce phénomène. Ils se sentent encore plus confortables lorsqu'ils sont adulés par des politiciens qui cherchent à les utiliser pour leurs basses œuvres.

Cette semaine un membre de la rédaction du Journal Le National a effectué une tournée dans le département du Nord. Les témoignages recueillis ne sont pas des plus réjouissants.Les paysans au même titre que les port-au-princiens subissent souvent la loi des hommes armés. Dans la commune du Borgne, la population est toujours sur le qui-vive et les plaies des dernières élections de 2015 sont très loin d'être cicatrisées en mettant aux prises des groupes hyper-armés.

Dans le milieu paysan, les revolvers tendent à remplacer les machettes.Dans certaines zones, des paysans pour protéger leurs récoltes se procurent un 9mm.

Il est un fait que beaucoup d'armes à feu sont en circulation dans le pays. Le sénateur Jean Renel Senatus, ancien président de la commission Justice, Sécurité et Défense nationale du Sénat, avait fait état de 400 mille armes à feu en circulation de façon illégale. On ne sait pas s'il avait enquêté sur les armes en circulation dans les milieux paysans.

Aujourd'hui, l'État ne contrôle plus rien.En plus, qu'il a perdu le contrôle du territoire, les frontières sont peu surveillées. La majorité des armes en circulation dans le département du Nord proviennent de la République dominicaine. Les autres seraient distribués par des politiciens au moment des élections, selon certains témoignages et confidences recueillis.

Avec autant d'armes à feu en circulation de manière illégale dans le pays, il y a lieu de se demander comment les élections seront-elles possibles dans les mois/années à venir? Comment l'Etat va-t-il pouvoir garantir à chaque citoyen d'exercer librement son droit de vote sans aucune contrainte ?

À défaut d'un désarmement en bonne et due forme, l'État a tout intérêt à réguler la situation. Il faut au moins offrir la possibilité aux détenteurs des armes à feu de pouvoir les enregistrer. L'État pourra mieux les contrôler et rendra peut-être cette situation moins fatale pour la population.

Noclès Débréus




Articles connexes


Afficher plus [1079]