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Gonzalo en approche

Gonzalo en approche



Si l’ironie est reconnue come une arme souvent efficace contre le désespoir, en Haïti nous croyons que le persiflage, dans l’attente les bras croisés, peut faire autant, voire mieux. Le fait de préférer la dénonciation et les questions aux réponses est une manière d’accepter de souffrir le martyre en consentant le moindre effort sur soi.

Il reste un fait, difficile à démentir, que le pays est désemparé face à la densité et la récurrence d’évènements naturels qui prennent toujours une dimension catastrophique. Pendant la gestion incertaine et le dédain populaire de la pandémie, le pays, celui que l’on voit peu, a connu une période atroce de grande sécheresse suivie d’une invasion de chenilles, particulièrement dans le Nord-Ouest, la région la plus négligée du pays. D’ailleurs, aujourd’hui ramène un triste anniversaire : le massacre des paysans sans terre de Jean-Rabel qui ont osé exiger une reforme agraire.

Cette année, la pandémie Covid-19, avec tous ses paramètres inconnus, et la saison cyclonique se chevauchent. Les averses de début de semaine sur la capitale ont laissé entrevoir les énormes possibilités de dégâts. Du moins, pour ceux qui entretiennent le déni de la vulnérabilité extrême du pays ou qui ont la mémoire courte. La saison cyclonique est active cette année et le septième cyclone de la saison vient de passer en catégorie ouragan menaçant sérieusement le sud de l’arc antillais dès aujourd’hui. Selon les précisions du National hurricane Center basé en Floride, les effets du cyclone Gonzalo se feront sentir ce week-end si des conditions défavorables ne freinent pas son intensification.

Selon la trajectoire modélisée de Gonzalo, il pourrait toucher le sud d’Haïti entre dimanche 26 et lundi 27 juillet. Il ne faut pas surtout perdre de vue, et c’est peu dire, qu’Haïti souffre d’un handicap moteur dans la préparation et la mise en œuvre des plans de contingence. La Covid-19 toujours présente sur le territoire national et qui fait des ravages en Floride voisine et très haïtienne, imposera certainement d’autres contraintes dans la gestion des secours y compris dans l’organisation des centres d’accueil et d’hébergement des potentiels sinistrés. Entre l’inflation démesurée, la contraction des possibilités de revenus, l’insécurité persistante, l’instabilité politique et les coquetteries de la pandémie, une catastrophe d’envergure mettrait le pays mortellement à genoux. Les séquelles des catastrophes passées sont encore vives dans nos mémoires. Peut-être qu’il est encore permis d’empêcher que le pays se réveille, la semaine prochaine, avec une vague de sinistrés. Il faut admettre que Gonzalo est sur sa route et nous menace le plus naturellement qu’il soit. C’est aux Haïtiens de se protéger s’ils estiment que l’État est incapable de le faire. Le pays doit être, aujourd’hui, placé en pré-alerte. Après, nous prendrons le temps qu’il faut et la manière pour discuter des manquements, des désistements et des responsabilités non assumées.

Le comble serait que Gonzalo fasse plus de morts que la pandémie.

Jean-Euphèle Milcé




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