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L'heure du bilan et des comptes

L'heure du bilan et des comptes



La grande catastrophe annoncée sur Haïti en raison de la pandémie du nouveau coronavirus n'a pas eu lieu. Le peuple haïtien, dans sa résilience habituelle, a défié le virus mortel, encore dans nos murs sans grande virulence. Le dernier bilan communiqué, à ce jour, par le ministère de la Santé publique et la Population, a fait état de 7340 contaminations, dont 158 décès et 4365 guéris. Jusqu'à présent le pays peut s'estimer chanceux en comparaison aux autres pays du continent, surtout en tenant compte des prévisions alarmistes qui présageaient quelques vint mille morts et 400 à 500 mille contaminations dans le pays.

En dépit de ce passage moins virulent du virus dans le pays, on n'est pas encore totalement à l'abri puisque la maladie continue sa course en République voisine et dans l'État de Floride (USA) où réside une forte communauté d'Haïtiens. La souche tenace qui ravage la Floride et la République dominicaine peut être facilement introduite au pays avec l'ouverture des frontières, surtout que l'État haïtien n'exerce aucun contrôle sur les différents points frontaliers avec la République dominicaine qui a dû, récemment, prolonger sa période d'urgence pour 45 jours.

S'il est vrai que le pays n'est plus dans l'état d'urgence sanitaire depuis le 20 juillet, la population haïtienne doit rester sur sa garde en appliquant les gestes barrières pour contrecarrer tout retour brutal de cet ennemi commun. Avec la levée de l'état d'urgence, le Gouvernement a franchi une étape en autorisant la reprise de toutes les activités dans le pays. Toutefois, du train que ça marche, il y a lieu de se demander si les industries, les églises et les écoles, ces lieux de forte concentration de personnes, peuvent respecter vraiment les mesures barrières et de distanciation physique telles que prônées par le protocole sanitaire en vigueur.

Bref. Le pouvoir en place ne doit pas uniquement se contenter à la reprise des activités. L'heure est également au bilan et à la reddition de comptes. De l’argent a été débloqué/dépensé durant la période d'urgence. Des bailleurs de fonds, autrefois réticents, sont passés à la caisse pour aider le pays à faire face à la pandémie. Ils aimeraient savoir, au même titre que le peuple haïtien, quel usage a été fait de ces fonds.

Dans la note sur la politique monétaire publiée le 27 juillet 2020, il est démontré clairement que les dépenses de l'État ont augmenté durant le dernier trimestre au cours duquel le coronavirus a sévi dans le pays. Cette augmentation des dépenses parait compréhensible puisqu'il a coïncidé à la période d'urgence. L'important demeure la justification de ces dépenses. Car, certaines promesses du pouvoir, comme celles de supporter 1.5 million de familles, à raison de 3 mille gourdes par ménage, sont executées au compte-goutte. Sur les 1.5 million familles, à peine deux cent mille sont déjà touchées.

Avec l'absence du Parlement, le Gouvernement dispose d’un boulevard sans fin. Avec un seul maitre à bord sans aucun autre pouvoir de contrôle, la corruption pourrait facilement trouver un terroir fertile pour se propager au même titre le coronavirus. Même si en général, les parlementaires se sont laissés vassaliser, mais les bons grains se distinguent toujours de l'ivraie. Les agences de contrôle ( ULCC, UCREF, IGF) ne font pas encore leurs preuves pour gagner la confiance de la population en matière de lutte contre la corruption, de blanchiment des avoirs et du contrôle financier. D'autant que les responsables de ces agences sont nommés par le pouvoir et ne jouissent d'aucune indépendance.

À cette phase, la Cour des comptes et du contentieux administratif devrait s'atteler à la tâche pour un contrôle rigoureux des dépenses effectuées dans le cadre de la gestion de la Covid-19. « Règleman jis pa gate zanmi ». La gestion faite de la pandémie par le Gouvernement a été approximative. Malgré tout, le coronavirus n'a pas fait les dégâts escomptés. La période d'urgence a pris fin, laissant ainsi place à celle du bilan et des comptes.

Noclès Débréus




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