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Vigilance orange

Vigilance orange



Nous sommes occupés à vivre, classer et tant de fois relativiser une succession d’événements, les uns plus obscurs que les autres. Aujourd’hui, comme hier et avant, les deux mains jointes, nous espérons un temps de grâce.

Les passions guerrières au nom de la démocratie, la toute-puissance des bandes armées, la captation criminelle des ressources du pays par un petit groupe, la pandémie sournoise du coronavirus sont autant d’éléments qui confirment l’échec abouti de la collectivité. Malgré l’évidence, chacun ici y va de sa petite cause. Comme si les idées, les colères et les combats n’auraient pas besoin d’un territoire pour germer, grandir et porter des fruits.

La menace cyclonique, quoique ni nouvelle ni insolite en Haïti, reste une préoccupation majeure pour une population vulnérable au point qu’elle méprise le danger. Les moyens de prévention et de protection ont certes été améliorés par le travail non négligeable du Système national de gestion des risques et des désastres, mais les impacts des perturbations hydrométéorologiques continuent d’enlever des vies et de détruire les infrastructures (faibles et insuffisantes) ainsi que les pauvres biens de la population en Haïti. Aujourd’hui, des effets de vents violents et de fortes pluies peuvent affecter le territoire haïtien et particulièrement la région nord du pays, qui commence à subir les contrecoups avant-coureurs de la tempête Isaïas.

Nous sommes malheureusement en situation de craindre la communication des premiers bilans d’ici le prochain weekend. Même sans des morts à déplorer, dans le meilleur des cas, les dégâts dans les exploitations agricoles et sur le cheptel des éleveurs seront considérables. Et, nous connaissons tous l’inutilité des promesses et des interventions, à la limite mesquines, des nouveaux « bons samaritains ». Les espoirs de recouvrement des moyens en Haïti sont quasiment nuls. Cela se comprend par le fait que les mécanismes de transfert, en partie ou en totalité, des pertes à des établissements d’assurance ne sont pas envisageables en Haïti.

Aux dernières nouvelles, Isaias vient de perdre en intensité, ce qui atténuera son impact. Toutefois, il n’est pas exclu que la région du Grand Nord reçoive d’abondantes précipitations capables de provoquer des crues de rivière, des inondations sévères, des glissements de terrain, d’immenses vagues au large des côtes et la houle le long du littoral. La procédure de vigilance orange, enclenchée par les autorités, est toujours en vigueur et la précaution reste le mot d’ordre. Nous aimons tellement jouer de la maladresse en Haïti que, au gré des évènements, nous avons développé l’habitude de vivre avec le malheur. De dormir avec la mort.

Il ne faut surtout pas perdre de vue que notre environnement, fragilisé à l’extrême, favorise les effets néfastes des évènements hydrométéorologiques, même les plus faibles. Les gros dégâts dans les Nippes, la semaine dernière, peuvent nous servir de piqure de rappel.

Jean-Euphèle Milcé




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