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Indignez-vous !

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Depuis bien des temps, le pays est livré entre les mains des gangs armés. Ces derniers, grands bénéficiaires de l’impunité et de la léthargie du système judiciaire, se croient maîtres de la vie. Ils tuent. Ils volent et violent à volonté. L’État, dans ses missions régaliennes, a démissionné. Face à une telle dérive, un réveil citoyen de toutes les forces vives du pays devrait surgir pour dénoncer l’intolérable et l’inacceptable.

L’image choquante, devenue virale sur les réseaux sociaux le lundi 3 août, du petit Godson Joseph et celle de sa maman gisant dans leur sang sont révoltantes. Le gang « 400 mawozo » a ouvert le feu sur un minibus de transport public et abattu sèchement un bébé de 4 mois. Des informations ont laissé croire que les malfrats ont mitraillé le bus après que le chauffeur eut essayé de fuir pour ne pas se soumettre au contrôle des membres du gang qui opèrent en lieu et place des policiers. Ce gang semble acheter au comptant la zone de Croix-des-Bouquets jusqu’à Fond-Parisien. Certains témoignages ont même laissé croire qu’il est presque une routine que les camions fréquentant cette zone soient fouillés, parfois détournés et séquestrés pour négociation. Une preuve de plus que l’État a perdu le contrôle du territoire au profit des gangs armés.

Après la femme enceinte tombée la semaine dernière sous les balles des bandits à Cité soleil, la société semble être en train de cautionner, sans se sourciller, cet ultime acte crapuleux des bandits en ôtant la vie à un bébé de 4 mois qui, peut-être, a commis le seul péché d’être né en Haïti. C’est inacceptable. Malgré tout, aucune intervention d’aucune autorité ne vient rassurer la population que des dispositions vont être prises pour punir les auteurs conformément à la loi et proportionnellement à cet acte ignoble. Malheureusement, la PNH, seule force de sécurité dont dispose le pays, s’inscrit aux abonnés absents depuis quelque temps quand il s’agit de contrer les actions des bandits.

S’il est vrai que l’État est démissionnaire à tel point que ses responsables légaux sont accusés souvent, à tort ou à raison, d’être de connivence avec des gangs armés, les forces vives de la société devraient élever la voix pour dire halte-là. C’en est trop !

L’église qui avait gagné les rues contre des articles contraires à la morale chrétienne insérés dans le nouveau Code pénal doit aussi s’indigner contre ces cas qui attaquent le fondement même de la société. Les bandits dans ses agissements ne font pas d’exceptions. Que de pasteurs, prêtres et fidèles sont déjà victimes des forfaits de ces malfrats armés !

Nous sommes tous exposés aux actions des bandits. Si l’on se tait aujourd’hui, il ne faut pas s’attendre à ce que quelqu’un d’autre s’indigne lorsque, demain, la croix frappe à notre porte. La société doit s’organiser face à l’arrogance des bandits et exiger que les autorités garantissent la sécurité des uns et des autres. Sinon qu’elles tirent leur révérence.

Le petit Godson Joseph, un petit anonyme de la province tombe aujourd’hui. Récemment c’était le tour de la poétesse Farah Martine Lhérisson et de son mari. Un cadre de la BRH a été assassiné chez lui à Delmas 75. Toutes les couches de la société sont touchées et concernées par cette insécurité grandissante qui s’est manifestée sous des formes variées. Personne ne sait qui sera la prochaine victime.

Il y va aussi du développement économique du pays. Aucun investisseur, haïtien ou étranger, ne se sentirait à l’aise, dans de telles conditions, pour investir son argent. Avant même de parler de changement de Constitution ou d’élections, les problèmes de sécurité doivent être résolus. On vote parce qu’on existe. La société entière doit s’indigner pour que le pays emprunte une nouvelle voie avant qu’il ne soit trop tard.

Noclès Débréus




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