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Quelle leçon tirer de la catastrophe au Liban?

Quelle leçon tirer de la catastrophe au Liban?



Double explosion à Beyrouth, la capitale du Liban, le mardi 4 août 2020. Les morts et les blessés se comptent déjà par centaine et par millier, selon la Croix-Rouge, ils ont déjà dénombré plus de 100 personnes tuées et plus de 4000 blessés.

Des vidéos montrent l’ampleur des dégâts, et rappellent tristement le champignon qui accompagnait la catastrophe humaine et atomique d’Hiroshima et Nagasaki survenue les 6 et 9 août 1945. Des quartiers entiers, avoisinant le port, sont emportés par cette explosion qui nous rappelle le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti.

Du hangar numéro 12 du port de Beyrouth, étaient entreposées depuis six ans, 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium, stockées dans des conditions ne respectant pas les normes de protection, qui seraient à la base de cette explosion d’après les autorités libanaises.

De la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en passant par plusieurs autres drames similaires, comme l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, en septembre 2001, qui a fait 31 morts et 8000 blessés, jusqu’à cette catastrophe au pays des Cèdres, qui vient augmenter le bilan, entre pertes en vie humaine, destruction de ville, dégradation et empoisonnement de l’environnement.

Déjà très affaibli politiquement et économiquement depuis plusieurs mois par des crises en cascade, en dehors de l’épidémie du Coronavirus, le port de Beyrouth vient d’offrir un triste spectacle au monde et augmenter le nombre de familles victimes, orphelines et sans-abris.

Dans les minutes qui suivaient le drame du Liban, plusieurs pays amis traditionnels, comme l’Iran, la France, les États-Unis, la Russie, entre et même un État frère ennemi comme Israël se sont exprimés entre des mots de sympathies au peuple libanais, et le support humanitaire et logistique qu’ils allaient rapidement acheminer à Beyrouth. Et ce n’est certainement pas la République d’Haïti, disposant d’une influente communauté libanaise sur son sol depuis plusieurs générations, qui allait manquer le train de la solidarité internationale envers le peuple du Liban.

Des dizaines de familles d’origine libanaise vivent en Haïti et contribuent dans l’économie nationale. Six ans plus tôt, soit en 2014, on se souviendra de la création du centre haïtiano-arabe pour le développement, l’éducation et la culture (CHADEC), une initiative solidaire qui aurait pu mobiliser des supports humanitaires même symboliques, au profit du peuple libanais !

De ce lourd bilan pour le Liban, quelle leçon pour un pays aussi vulnérable à tous les points de vue comme Haïti ? Comment attirer l’attention des autorités politiques et des responsables techniques tant du secteur privé que public, qui importent et transportent, manipulent et entreposent un ensemble de produits chimiques, parfois radioactifs, entre des usines et des laboratoires, souvent proches de quartiers populaires dépourvus des services d'urgences de base ?

Depuis toujours, les personnalités les plus avisées et les sages en Haïti, de la trempe du feu Konpè Filo, ne cessent de rappeler souvent à qui veut l’entendre que : « Lè bab kanmarad ou pran dife, mete pa w alatranp !».

Du bilan en nette augmentation de la catastrophe chimique du Liban, survenu le 4 août 2020, dans un contexte de crise politique, économique et sanitaire, causée dans une certaine mesure par une négligence payante des autorités portuaires de la capitale du pays, c’est le moment où jamais pour Haïti de mettre ses devoirs au propre, en matière de prévision, de prévention et de protection face aux catastrophes les plus imprévisibles et irréparables !

Du bilan du Liban, quelle leçon pour Haïti, un autre pays aussi atypique que le Liban ?

Dominique Domerçant




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