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Spectacle de la dégradation

Spectacle de la dégradation



En banalisant outrancièrement la détention et l’utilisation des armes de guerre comme une stratégie supplétive de l’impuissance de l’État à protéger les citoyens et à distribuer la justice sociale, nous assistons à une « bunkerisation » d’un pays déjà meurtri par les dissensions politiques non négligeables. Entre gangs armés, brigades de vigilance, milice et organisations communautaires avec des leaders bons citoyens, les Haïtiens se perdent au fil des rapports, des témoignages, des mensonges et des non dits. Sauf qu’il reste un fait, et pas des moins inquiétants, que de nouveaux chefs de guerre, sans légitimité républicaine, se partagent ou se disputent le contrôle total du territoire.

Quel que soit l’angle d’approche utilisé, il faudrait admettre que cette situation fait tâche. Qu’il y a désordre et péril en la demeure. De fait, le pays porte le fardeau de plusieurs décennies de maladresses pour conquérir et/ou garder le pouvoir. À l’heure qu’il est et dans la situation de pourrissement actuel, il n’est en rien exagéré de comprendre qu’il s’agit d’une mutation historique de la société qui s’est résignée à « faire avec » des faits barbares et sanglants au quotidien.

Qu’il s’agisse de bourreaux ou de notables communautaires défendant le « petit peuple », la déshumanisation en Haïti est bien entamée. Avec l’assassinat révoltant de deux bébés ces dernières semaines, les groupes armés illégalement, peu importe leur appellation et leurs ambitions, se comportent comme des cellules terroristes qu’il convient absolument d’éradiquer.

L’horreur, évidemment, produit des obligeances en cascade pour freiner du moins le chaos. Naïve et désespérée, une partie de la population a voulu croire qu’une pacification des quartiers aurait pu prendre forme avec uniquement les engagements, sous conditions, de « chefs » fédérés dans une nébuleuse.

Longtemps indexé par les rapports relatifs à l’activité des groupes armés publiés par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, le Gouvernement, en conseil des ministres du 5 août dirigé par le président de la République, a confirmé dans un ton martial, l’exaspération exprimée par le Premier ministre, un jour auparavant. La note mise en circulation par le ministre de la Culture et de la Communication est une déclaration de guerre classique qui ne laisse aucune marge à la mésinterprétation.

« Face à la détermination du chef de l’État et de tout le Gouvernement en bloc, les bandits sans exception doivent savoir qu’ils n’ont aucune chance pour les jours à venir. La peur doit changer de camp. Elle doit laisser le camp de la population pour se retrouver dans le camp des bandits.

Ces derniers doivent être logés soit en prison, soit au cimetière. La paix n’est pas un discours. La paix n’est pas un débat théorique. La paix doit être une réalité concrète. Et c’est la loi qu’il faut faire appliquer à tout prix. C’est la loi qui doit régner. C’est fini le règne des bandits. La durée de vie de ces bandits doit être extrêmement courte, sauf s’ils décident de changer de métier. »

Quand il n’y a pas d’ambigüité, l’espoir que demain sera porteur d’une autre donne, peut-être permis. Du moins, on le souhaite. C’est déjà arrivé que trop d’insécurité tue l’insécurité.

Jean-Euphèle Milcé




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