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Comme une odeur de soufre !

Comme une odeur de soufre !



Le monde ne va pas bien. Comme le chantait Jean Ferrat dans l’un de ses textes à succès des années 70 : « C’est partout, le bruit des bottes, c’est partout l’ordre en kaki ». Depuis quelques années, en effet, on n’a jamais vu autant de manœuvres militaires. Les grandes puissances ne cessent de montrer leurs muscles, en révélant aux populations civiles, ce qui existe de plus meurtrier dans leurs arsenaux. Des armes intelligentes aux missiles qui vont cinq fois plus vite que le son, on nous en met plein les yeux sur ce à quoi ressemblerait l’apocalypse au cas où craquaient les nerfs de certains dirigeants. Et nous savons que beaucoup parmi les plus puissants chefs de la planète ont les nerfs à fleur de peau. Ils adorent le langage de la puissance et possèdent une morbide fascination pour les armes.

Après la mystérieuse explosion de Beyrouth qui a soufflé une partie de la ville et fit de nombreux morts et blessés, remettant ainsi le Moyen-Orient au centre d’une brûlante actualité ; c’est désormais la mer de Chine méridionale qui concentre l’attention des observateurs.

Au-dessus de ce grand bleu se croisent dans la plus parfaite imprudence des chasseurs chinois et américains, multipliant ainsi les risques d’incidents diplomatiques et surtout militaires. Certains pilotes de ces deux pays s’observent dangereusement dans le ciel asiatique et parfois se côtoient dans une posture non amicale.

Il ne s’agit nullement de pilotes indisciplinés voulant jouer au jeu de la guerre : ce sont des missions provocatrices des uns et des autres destinées à montrer qui a la responsabilité de la police des airs dans une région très disputée par des pays comme la Malaisie, le Vietnam, l’Inde et surtout la Chine.
Les États-Unis qui comptent de nombreux alliés dans la zone veulent exercer leur suprématie navale et aérienne sur une région que les Chinois considèrent comme leur « marée nostrum ».

C’est bien Mike Pompéo, le chef de la diplomatie américaine, qui a déclaré récemment que les États-Unis ne tolèreront guère un « empire naval chinois » dans la mer dite de Chine. Les Chinois quant à eux, se sont amusés à prendre possession de certaines îles désertes, sur lesquelles des fouilles archéologiques auraient révélé une ancienne présence chinoise. Ce que contestent les Vietnamiens qui font l’hypothèse que ces artefacts pourraient tout simplement indiquer des traces de relations commerciales.

Quoi qu'il en soit, le torchon semble brûler d’un feu ardent entre Washington et Pékin sur fond de guerre commerciale. L’administration américaine s’en prend rageusement au fleuron des technologies chinoises sous le prétexte que certaines applications très prisées dans le milieu des jeunes de par le monde sont en fait des logiciels de surveillance. Une bataille en règle est menée contre tous les produits chinois susceptibles de concurrencer les habituels géants américains de la technologie sur internet.

Jusqu’ici les grands trusts américains du Web ont toujours offert universellement des portes d’entrée universelles sur internet : moteur de recherche (Google), réseau social et hyper marché mondial, le tout connecté à plusieurs milliards d’internautes. Il se trouve que les compagnies chinoises comme Huawei ou Trecent, Ali Baba se révèlent de sérieux concurrents.

En leur interdisant le marché américain, le président Trump fait du protectionnisme « sécuritaire » destiné à briser les reins à la concurrence chinoise. Qui parlait de liberté économique ? En tout cas, ceci n’est pas admis quand il s’agit d’intérêt national, même au pays de l’ultra libéralisme.

Le danger est que cette guerre commerciale se double de provocations militaires des deux côtés. Et l’on craint une montée des périls qui conduirait à une escalade. Des enjeux électoraux pourraient pousser l’une des parties à s’engager sur un terrain mouvant, juste pour rétablir un leadership en panne de crédibilité.

On n’est pas sortis de l’auberge des égoïsmes nationaux au détriment des peuples. De l’humain.

Roody Edmé




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