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Pour tracer l’exemple

Pour tracer l’exemple



La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif a remis, le lundi 17 août, son dernier rapport sur la gestion du fonds Petrocaribe par les gouvernements successifs de 2008 à 2016. Selon ce dernier rapport, qui vient en renfort aux deux premiers, la gestion faite de ce fonds a été une vaste opération de supercherie. Aucune des institutions bénéficiaires du fonds Petrocaribe n'est exempte des remarques de la Cour allant d'irrégularités graves à des détournements de fonds caractérisés. L'intérêt de l'État, par ricochet l'intérêt du peuple haïtien, n'a pas été protégé dans le cadre de la gestion de ce fonds qui engage pourtant toute la Nation.

Chez nous, les milliards de Petrocaribe sont volatilisés pendant que la masse croupit dans la misère, alors qu'en face, chez nos voisins dominicains qui ont aussi bénéficié de la manne vénézuélienne, des progrès palpables ont été réalisés. Pourtant, en Haïti, les réalisations sont à peine rétractables.

Définitivement, la corruption, alliée à la mauvaise gouvernance, entrave tout élan de développement du pays. La corruption a causé beaucoup de tort au pays. Pire, elle semble être institutionnalisée. Combien de ressources, pouvant servir aux activités de développement, sont-elles volatilisées dans des opérations de détournement, d’enrichissement illicite et de blanchiment ? Combien de milliards ont été gaspillés sans réaliser rien de concret au profit de la population ?

Le fonds Petrocaribe est une grande opportunité que nous avons ratée pour remettre le pays sur les rails du développement. Véritable frein au développement socioéconomique, la corruption dans ses différentes manifestations (détournement de fonds, contrebande, népotisme, blanchiment des avoirs, enrichissement illicite, etc.) a eu le dessus sur la gestion saine qui devait être assurée dans le cadre de la gestion de ce fonds.

En moins de dix ans, le pays a gaspillé donc plus dix milliards de dollars américains. Les 6 milliards du Fonds de la reconstruction d’Haïti, les 4.2 milliards de Petrocaribe sans compter les quelques milliards du budget national. C'est l'avenir de toute une génération que nous sommes en train d'hypothéquer avec cette opération de gaspillage. Sans rien bénéficier, la génération va devoir rembourser sur vingt-cinq ans ces milliards volatilisés de Petrocaribe.

À cette phase, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, pour une fois, est appelée à jouer son rôle en dépit de ce contexte politique parsemé d'embuches. Dans ses recommandations, la CSCCA renvoie la balle aux autorités concernées en vue de mettre en place des mécanismes de récupération des sommes d’argent mal utilisées afin de permettre à la République d’Haïti de réduire éventuellement sa dette envers le Venezuela; opérer une réforme profonde sur l’encadrement de l’octroi et de la gestion des contrats pour la mise en œuvre des projets publics et revoir l’encadrement relatif à l’éthique et à la déontologie envers les élus et les serviteurs de l’État afin de favoriser une plus grande transparence dans la gestion des fonds publics.

Concernant les institutions publiques auditées, la Cour des comptes leur enjoint de diligenter des enquêtes internes afin de déterminer la possibilité de recouvrer des sommes auprès des firmes et des administrateurs des fonds publics notamment, dans le cas des irrégularités ayant causé préjudice à la communauté et engager la responsabilité des ordonnateurs qui se sont succédé à la tête des institutions et qui sont impliqués dans la gestion du fonds Petrocaribe pour avoir engagé l’État dans des transactions irrégulières dans le cadre de l’élaboration et/ou de la gestion des projets.

Ces recommandations, aussi justes soient-elles, ne suffisent pas. Les conseillers de la Cour doivent se vêtir de leurs costumes de juges administratifs pour émettre des arrêts de débet aux fautifs afin qu'un exemple puisse être tracé une bonne fois pour toutes. L’État, de son côté, doit se démener pour garantir un procès équitable dans le cadre de cette saga de Petrocaribe.

La mauvaise utilisation des maigres ressources financières du pays demeure l’une des causes de cette misère abjecte dans laquelle végète la population. La corruption est donc un crime qui mérite d’être condamné d’où elle vienne. La société civile, dans son rôle de vigile, doit jouer sa partition pour ne pas laisser pourrir dans les tiroirs ces rapports de la CSCCA sur la gestion catastrophique du fonds Petrocaribe.

Noclès Débréus




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