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Une jeunesse mise en attente

Une jeunesse mise en attente



Il y a une semaine, c’était le branle-bas bruyant et désorganisé autour de la Journée internationale de la jeunesse. Entre journées de réflexion, activités de consolidation des associations de jeunes, présentation sur les fronts baptismaux de nouvelles structures, discours et promesses d’État, la journée a été marquée. Fêtée dans la plupart des cas.

Toutefois, même pour la seule journée de célébration, la conviction profonde était absente. Elle n’était ni exprimée, ni portée, ni défendue. Il est légitime que l’on s’attende, chaque année et chaque jour d’ailleurs, qu’une voix autorisée s’arme de courage pour faire le bilan de ce que l’État haïtien a fait ou n’a pas fait pour les jeunes générations. Ce, au-delà de la facilité des promesses qui, en réalité et comme le confirme la sagesse populaire, n’engagent que ceux qui les croient.

Au vrai, le fait de contenter et de se contenter de lire, en présence de la presse, une stratégie ministérielle, ne garantit pas la réussite du pari de miser sur les jeunes générations et de les préparer à prendre la relève. L’important est sans doute ailleurs. Quoique, l’avenir est, qu’on ne le veuille ou non, en ses jeunes.

L’avenir est aussi conditionné par l’accumulation des dettes dans le cadre du fonds Petrocaribe qui pénalise les générations montantes qui auront, un jour ou l’autre, à payer les excès cleptomanes de ceux qui ont participé dans la dilapidation des montants importants générés par ce fonds et qu’il faut, en toute logique, rembourser un jour au Venezuela.

L’avenir repose également sur la capacité de l’État à prendre parti pour la protection des plus jeunes. À ce propos, il n’est pas inutile de s’attarder sur les drames trop courants et évitables qui touchent même des enfants en très bas âge. Les exécutions récentes de nourrissons par des membres de gangs, bénéficiaires de réseaux importants de soutiens et le sacrifice par le feu des enfants de l’orphelinat de Fermathe, sont les derniers faits qui prouvent qu’il ne fait pas bon de naitre et de grandir dans un pays qui n’investit pas dans la protection des plus jeunes.

À juste titre, le scandale « Dadou » du centre FIFA goal à la Croix-des-Bouquets peut faire chauffer le baromètre des illusions, si les accusations portées contre le président suspendu de la Fédération et certains de ses collaborateurs se révèlent fondées. Il sera difficile d’admettre qu’une structure, dédiée à la formation, l’éducation et l’épanouissement d’une frange de la jeunesse sélectionnée pour ses aptitudes sportives, aurait pu servir à assouvir les instincts libidineux et criminels de certains adultes « responsables ».

Il y a une semaine, Haïti et le monde fêtaient la Journée internationale de la jeunesse. Et, rebelote l’année prochaine. Les conférenciers, les amuseurs publics, les titulaires d’agences gouvernementales et les grands blancs des organisations internationales défileront derrière les pupitres en débitant les mots nécessaires pour continuer à mettre la jeunesse en attente. À garder la jeunesse à genoux.

Comme si c’est le fait de garantir aux jeunes un contrat social pour leur permettre d’accéder à la citoyenneté totale qui est un crime. L’avenir se base sur tout ce qui se construit aujourd’hui avec les jeunes.

Jean-Euphèle Milcé




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