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Chez nous les événements se suivent et se ressemblent très souvent. En 2019, à pareille heure, l'opposition politique à Jovenel Moise fourbissait ses armes en vue de livrer la dernière bataille qui a failli emporter l'homme de la banane du trône présidentiel. Tout avait commencé, à l'approche de l'ouverture des classes, par une rareté de carburant, les mouvements d'enseignants réclamant leurs arriérés de salaires, la publication du deuxième rapport Petrocaribe épinglant le président de la République et autres éléments constituaient le cocktail explosif. Comme par magie, cette année, le même cas de figure est en train de se dessiner. Désaccord entre le pouvoir et les importateurs de pétrole sur les marges de profit. Les enseignants encore dans les rues. Le troisième rapport Petrocaribe enfin sorti. Et encore, l'opposition se renforce avant de passer à l'attaque.

Alors que Jovenel Moise met le cap sur les élections et le changement de Constitution, l'opposition prépare son départ pour le 7 février 2021. Ce schéma entre deux agendas diamétralement opposés peut être révélateur de ce qui attend la République dans les semaines et mois à venir. L'agenda que le président de la République s'est attribué, avec des éléments relatifs à la tenue des élections et l'élaboration d'une nouvelle Constitution, exige un très large consensus de toutes les couches de la société. Malheureusement, depuis son avènement à la première magistrature de l'État, Jovenel Moise n'a jamais porté un projet viable et qui trouve l'écho nécessaire au niveau des différentes strates de la société.

Contrairement à l'agenda du président de la République, l'opposition plurielle cherche à se renforcer en vue de mettre à l'œuvre son agenda. Le 21 aout, un accord d'engagement a été paraphé par plus de deux cents partis et organisations politiques, des organisations de base ainsi que d'autres mouvements/groupes de la société civile haïtienne. Par cet accord, ils entendent conjuguer leurs efforts en vue de contraindre le chef de l'État à partir le 7 février 2021, conformément aux dispositions de l'article134-2 de la Constitution en vigueur. Au moment où le pouvoir en place planifie des élections, l'opposition estime qu’aucune élection n’est possible avec Jovenel Moise au timon des affaires.

Véritable guerre d'agendas qui risque de plonger le pays encore dans le même chaos qu'il a connu en 2019 où toutes les activités ont été paralysées pendant trois mois de « lockdown ». Au cours de cette période, l'opposition avait misé son va-tout sans pouvoir déraciner le président qui s'en remettait aux bons offices de la communauté internationale. En effet, dans cette guerre d'agendas, il est important de déceler la position du « Blanc ». Quel est actuellement l'agenda de la communauté internationale? Entre les épisodes de pays lock et aujourd'hui, qu'est-ce qui a changé dans l'agenda? Pour quoi le « Blanc » supporte le régime en place en dépit de ses errements? Les raisons pour lesquelles, la communauté internationale offrait ses supports au président de la République durant le lockdown, ne sont-elles plus de mise aujourd'hui? L'opposition politique les a-t-elle identifiées? Ces questions sont fondamentales pour les hommes de l'opposition quand on connaît le poids de la communauté internationale sur la politique nationale. Après l'expérience de pays lock, il est une évidence que les manifestations des rues ne suffisent pas à chambarder un régime.

À cette phase, l'opposition doit faire preuve de plus d'intelligence dans cette nouvelle démarche, quoiqu'elle donne l'air de déjà-vu. On se rappelle de l'accord de Marriott en novembre 2019 qui avait pratiquement mobilisé toute la classe politique et la société civile. Résultat: rien.

Cette opposition qui revient toujours sur la scène avec les mêmes visages qui, à quelques rares exceptions, ont des comptes à rendre à la nation au même titre que les dirigeants actuels devrait aussi se renouveler. Il faut, en ce sens, une remise en question, une auto-évaluation de leur part pour identifier les vrais freins qui empêchent l'aboutissement de leur lutte anti-Jovenel depuis 2018.

Noclès Débréus




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