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Révoltant, tout simplement!

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De mémoire d'homme, on ne sait pas si cela s'est déjà produit dans l'histoire du pays qu'un bâtonnier de l'Ordre des avocats de Port-au-Prince, en exercice, eut déjà été assassiné. La mort de cet éminent juriste, constitutionnaliste, professeur d'université et bâtonnier en exercice de l'Ordre des avocats de Port-au-Prince, a choqué. Vraiment un crime de trop. En cette circonstance pénible marquant le départ prématuré de cet illustre intellectuel, Le National tient, à travers ces lignes, à saluer la mémoire de ce Mapou qui n'avait jamais marchandé ses efforts pour répondre aux questions de nos journalistes qui l'avaient très souvent sollicité. Que sa famille, ses proches, ses confrères et toute la population haïtienne affectée par ce deuil trouvent, ici, nos sincères sympathies.

Ces derniers temps, les dieux de la mort sont impitoyables. Ils n'ont de cesse d'endeuiller la population haïtienne. Impuissant aux assauts des malfrats, le pays semble baisser pavillon; se résignant à compter les morts, dont les unes plus tragiques que les autres. Toutes les couches de la société sont ébranlées à l'exception des énergumènes qui alimentent ce climat de terreur dans le pays. Pendant qu'on peine à faire le deuil de Me Dorval, le quartier du Bel-Air a été le théâtre d'une tuerie où le très puissant chef du G9 opère en toute impunité alors qu'il serait recherché par la Police. Diversion?

Bref. Avec cette série d'assassinats en cascade, l'insécurité prend toutes les formes. Cependant, l'exécution de Me Monferrier Dorval ne peut être mise sous le compte de l'insécurité généralisée qui sévit dans le pays. Il s'agit bien d'une exécution ciblée et bien orchestrée même si les mobiles nous laissent encore perplexes. Alors que le professeur et spécialiste en droit constitutionnel s'était toujours gardé de faire le jeu d'un quelconque secteur en clamant haut et fort son indépendance d'esprit, il parait malsain que des politiciens cherchent à tirer profit de cet acte ignoble.

Les tentatives de récupération politique de la mort de Me Dorval laissent entrevoir qu'il pourrait y avoir anguille sous roche. Le pouvoir ainsi que des hommes de l'opposition s'accusent mutuellement. Le ministre de la Justice, en conférence de presse le lundi 31 aout, a imputé le crime à un certain secteur qui se serait opposé au changement de la Constitution dont Me Dorval était grand partisan.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, à travers une lettre adressée aux ambassades des pays amis et d'autres partenaires, a également lié le crime à des secteurs non alignés au pouvoir en place. «La remontée du climat d’insécurité est due à un certain nombre de facteurs dont trois méritent d’être soulignés : d’abord, l’action de casser le monopole et les avantages indus dans les secteurs de l’énergie et du pétrole provoque la réaction de certains oligarques qui font tout pour maintenir leurs avantages ; ensuite, le recours à la stratégie du chaos est la carte maîtresse d’un secteur de la vie politique qui veut tout faire pour qu’il n’y ait pas d’élections dans le pays; et finalement, si le monstre de l’insécurité a frappé l’un des plus fervents apôtres de la réforme constitutionnelle, c’est pour faire en sorte que celle-ci n’ait pas lieu», a écrit Claude Joseph. À qui donc profite le crime?

Cette démarche de récupération politique peut facilement souiller le crime et compliquer davantage l'enquête qui, en Haïti, se poursuit toujours. Au même titre que la disparition de Jean Léopold Dominique qui a laissé, jusque-là, certaines suspicions sur le régime Lavalas par le simple fait que l'enquête n'a jamais abouti pour connaitre les vrais coupables, le régime en place actuellement a grand intérêt à diligenter une enquête sérieuse sur l'assassinat de Me Dorval. S'il faut même solliciter l'aide de la communauté internationale, le pouvoir doit y penser pour au moins lancer des signaux visibles que ce crime ne restera pas impuni.

Les organisations de la société civile doivent jouer leur rôle de vigile pour forcer les autorités policières et judiciaires à agir en vue de dénicher les auteurs, co-auteurs de ces basses œuvres. C'est tout simplement révoltant que des malfrats continuent de gaspiller les meilleures ressources humaines du pays.
Une pensée spéciale à toutes les personnes tombées sous les balles assassines des bandits qui attendent que justice leur soit rendue.

Noclès Débréus




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