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350 ans du Cap et autant de menaces

350 ans du Cap et autant de menaces



Derrière la plus récente contribution intellectuelle et engagée de l’ingénieur Jean-Hérold Pérard, titrée : « Cap-Haitien, 350 ans d’histoire », qui fait l’état des lieux et des problématiques de la ville, tout en formulant des pistes de réflexion en dehors des données historiques et culturelles partagées, on cherche une nouvelle route aménagée dans le cadre des commémorations. D’autres personnes et des touristes fatigués de visiter les sites traditionnels voudraient découvrir une nouvelle maison inaugurée destinée à accueillir les expositions historiques et les créations contemporaines sur le Cap-Haitien. Un musée thématique pourquoi pas sur l’une des dimensions non encore explorées ou pour sauvegarder des fragments de la mémoire collective du Grand-Nord ? Dommage !

Distingué dans beaucoup d’affiches et des logos qui accompagnaient les affiches et les banderoles, les couleurs et les logos des festives associées à la fête patronale de la ville du Cap-Haitien, le nombre, composé des trois chiffres : 3, 5 et 0 (350), était très visibles. Et malheureusement pas assez visible, en enlevant le zéro du bilan des manifestations, pour nous laisser le nombre trente-cinq (35), qui allait chambarder totalement l’environnement de la capitale haïtienne, détruit des milliers de maisons, et emporter des vies et des familles entières, il y a dix ans de cela, en 2010.

Dix ans après, le Cap-Haitien se réveille comme si tout allait bien. Les élites de la ville, dont les notables, et les autorités de la ville n’ont pas pu véritablement fêter à la hauteur de leurs ambitions et leurs défoulements escomptés cette année. Ne vont-elles pas regretter de n’avoir pas mobilisé une partie des fonds pour sensibiliser la population et les familles évoluant dans le département du Nord, sur les dangers immédiats et imminents liés à la vulnérabilité de l’environnement ? Comment rappeler à nos dirigeants qu’il ne peut y avoir de véritables manifestations de commémoration sans une vision sur l’avenir à partir du renforcement des institutions actuelles ? Quels sont les programmes de sensibilisation qui ont été initiés et les réserves stratégiques de produits et de matériels de premiers soins qui ont été renforcés en prévision aux éventuelles catastrophes dans le cadre de ces commémorations « Apre dans tanbou lou » ? Comment de secouristes ont été formés et des camions de pompiers ont été achetés pour renforcer les équipes de la protection civile cette année ?

Des questions qui auront certainement tous leurs sens, en cas où la prochaine catastrophe, qui pourrait nous frapper, rappellerait les cicatrices de « Goudougoudou ». Et pourtant, nous savons tous que face aux catastrophes naturelles la véritable réponse demeure dans le simple geste de la préparation, « Se pare, pou n pare », pour reprendre l’ingénieur et auteur Claude Prépetit et plusieurs autres spécialistes dans la gestion des risques, surtout quand les souvenirs des trente-cinq secondes du 12 janvier 2010, sont encore frais.

Dans ce décodage du bilan zéro, des trois cent cinquante (350) ans de la ville du Cap-Haitien, il ne reste que malheureusement ce nombre trente-cinq, qui pourrait nous être utile de façon intelligente et positive. Si et seulement si, on apprendre des leçons pour repartir à zéro, afin de limiter le plus que possible les dégâts et surtout les pertes en vie humaine.

Du chiffre trois (3) qui reste, on ne va pas surtout se référer à la tri-unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, encore moins aux esprits ancestraux tant humiliés, notamment la mémoire des principaux Pères fondateurs de la Patrie, très proches du Grand nord, comme Jean-Jacques Dessalines, Capois, et Henry Christophe. C’est le moment pour inviter la population capoise à travers les collectivités, à appuyer les actions des trois principaux pouvoirs étatiques, en vue d’appliquer les lois votées pour protéger l’environnement, et sanctionner ceux qui construisent de façon anarchique dans nos villes et les flancs des mornes. Le secret pour éviter de compter des victimes et des morts de trop !

Du nombre cinq, on pourrait organiser une semaine de sensibilisation dans système éducatif, particulièrement les écoles du Grand nord, pour encourager les professeurs, les écoliers et leurs parents, les universitaires et les autorités à agir de façon plus responsable pour protéger l’environnement, et pour agir de manière plus intelligente face à chaque type de menace.

Du nombre cinq, il est possible également de définir une stratégie solidaire pour faire face aux prochaines catastrophes dans le Grand nord, en misant sur la proximité et l'interconnexion des cinq départements qui composent le Grand nord tels : le Nord, le Nord-Est, le Nord-Ouest, l’Artibonite et le Centre, en ajoutant le département de l’Ouest, d’où viendra le signal, les ressources et les propositions, certainement, de reconstruction.

Du 350e de la ville du Cap-Haitien qui ne reviendra jamais, il est encore possible de revivre les 35 secondes de la capitale haïtienne en 2010, si rien n’est fait pour améliorer les conditions de vie, et responsabiliser la population.

Dominique Domerçant




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