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Pour contrôler les armes à feu

Pour contrôler les armes à feu



Depuis bien des années, Haïti est sous embargo en ce qui concerne les armes à feu. L'achat et la réglementation des armes deviennent la chasse gardée de la Police nationale d'Haïti. Légalement, quelqu'un qui souhaite faire l’acquisition d'une arme doit écrire au directeur général de la PNH qui lui délivre une autorisation. Après l'achat le détenteur de l'arme doit se rendre à la Direction de la Police judiciaire pour l'enregistrement. Sur le papier, c’est un secteur bien contrôlé. Ce qui parait paradoxal, en dépit des restrictions imposées sur les armes à feu, la population civile n'a jamais été aussi armée. Les groupes armés se multiplient sous les regards tantôt complices, tantôt impuissants de l'État.


À aucun moment de l'histoire du pays, les groupes armés ne se sentaient aussi à l'aise autant qu'ils le sont aujourd'hui. Confiants de leur puissance, des gangs se sont fédérés et ont adressé une demande de reconnaissance formelle au ministère des Affaires sociales et du Travail en vue de leur légalisation. Du jamais vu !

À Port-au-Prince et dans les grandes villes (chefs-lieux des départements), la population est familière au phénomène du banditisme. Mais, lorsque ce phénomène déborde le cadre des grandes agglomérations urbaines pour s'installer dans les campagnes, il devient plus inquiétant, surtout la PNH est quasi-absente dans les milieux paysans.


Et certains gangsters chassés de Port-au-Prince et d’autres villes ont trouvé repaire dans les campagnes ou ils se font appeler « commandants » par de paisibles paysans, très étrangers à ce phénomène. Ils se sentent encore plus confortables lorsqu'ils sont adulés par des politiciens qui cherchent à les utiliser pour leurs basses œuvres.

Dans le milieu paysan, les revolvers tendent à remplacer les machettes. Dans certaines zones, des paysans pour protéger leurs récoltes se procurent un 9mm.



Il est un fait que beaucoup d'armes à feu sont en circulation dans le pays. Le sénateur Jean Renel Sénatus, ancien président de la commission Justice, Sécurité et Défense nationale du Sénat, avait fait état de 400 mille armes à feu en circulation de façon illégale. On ne sait pas s'il avait enquêté sur les armes en circulation dans les milieux paysans.

Aujourd'hui, l'État ne contrôle plus rien. En plus, qu'il a perdu le contrôle du territoire, les frontières sont peu surveillées. La majorité des armes en circulation dans le département du Nord proviennent de la République dominicaine. Les autres seraient distribués par des politiciens au moment des élections, selon certains témoignages et confidences recueillis.



Avec autant d'armes à feu en circulation de manière illégale dans le pays, il y a lieu de se demander comment les élections seront-elles possibles dans les mois/années à venir? Comment l'Etat va-t-il pouvoir garantir à chaque citoyen d'exercer librement son droit de vote sans aucune contrainte ?



À défaut d'un désarmement en bonne et due forme, l'État a tout intérêt à réguler la situation. Il faut au moins offrir la possibilité aux détenteurs des armes à feu de pouvoir les enregistrer. L'État pourra mieux les contrôler et rendra peut-être cette situation moins fatale pour la population.




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