S'identifier Contact Avis
 
26° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Haïti fait face à ses démons

Haïti fait face à ses démons



Depuis le début du second semestre de l’année 2020, qui ouvrait la voie à l'ère du de-confinement en Haïti, le pays semble se tourner vers une nouvelle dynamique plus que destructrice, qui n’épargne ni la qualité, encore moins la quantité, dans ce qui nous reste comme ressources et réserves, comme repères et comme rêves tant sur le plan personnel que collectif. Haïti vit le revers de la médaille !

Dommage que le célèbre hougan et ati national, Max Beauvoir, en plein dans son sommeil éternel depuis le 12 septembre 2015, ne pourra plus, cinq ans plus tard, nous expliquer pourquoi, sommes-nous tombés sous l’emprise de ces bons et mauvais génies qui nous font tous la loi ? Et ce sont eux qui nous font voir en face de toutes les couleurs !

Dieu merci, dans l’hécatombe qui s’érige dans nos murs, on ne va certainement pas accuser les pauvres et paisibles communautés vodou, d’être à l’origine de ces crimes de sang, et de ses séries de disparitions de plus en plus fréquentes, en dehors des viols des droits et de la dignité des enfants, des hommes et des femmes, parmi les couches les plus vulnérables.

Démocratie à la pelle, on ramasse ce qui reste de nos institutions délabrées et jetées comme les piles, les pots et les «plòt» qui décorent nombreux de nos coins de rues puantes. Oh diable, le président Moise invite ou envoie, ceux et celles qui on financé sa campagne aux élections à se couper la main qui avait donné « sa contribution » en liquide ou par chèque.

Des familles fuient les balles et les flammes qui embrasent des quartiers comme Bel-Air, pendant que des professionnels et des universitaires protestent devant les locaux de certaines institutions, des écoliers manifestent dans les rues, jusqu'à tenter de fermer les portes de certains établissements scolaires pris pour cibles.

Des collèges attaqués ou envahis, pour avoir choisi de répondre à l’appel du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, en voulant desservir les enfants de certaines familles. Oh diable ! L'affrontement parait presqu’inévitable si ces derniers ne choisissent pas de fermer eux aussi leurs portes pour éviter un bain de sang et de nouveaux martyr ! On sent l’odeur d’une nouvelle saison de pays-lock dans nos murs ! Un temps pratiquement clair obscur prend place dans le sombre tableau de la réalité haïtienne à l’approche du troisième trimestre de 2020 !

Donald Trump, notre plus important et influent voisin, dans ses tourments et face aux tournures que pourraient prendre les prochaines élections aux États-Unis, ne semble pas voir la petite République sur la carte géopolitique de ses urgences. Une chance certaine pour les démons dans la partie ouest de l’île d’Haïti, qui, en cette saison pluvieuse confirme la règle : « Lawouze taye banda, tou totan solèy pa leve ! ».

Durant des années et des décennies pratiquement, nous avons paisiblement entretenu et nourri politiquement et économiquement l’appétit de nos vieux démons, qui désormais se réveillent furieux et affamés dans nos murs. Pour nous demander des comptes ? En nous forcer du même coup à faire le décompte de toutes ces années passées dans les rues dans la crasse, dans les rangs des institutions publiques, comme la Police, avec un salaire misérable, à vivre dans les quartiers populaires sans un minimum de service, de bien-être, et de dignité ?

De « Wòch nan dlo, ak wòch nan solèy», il est venu véritablement le moment pour se regarder en face. Les yeux dans les yeux. Face à face, pour reconnaître ensemble les torts des uns et des autres, dans un « Mea culpa » collectif indispensable pour repartir à zéro. Sans quoi, nos vieux démons systémiques et chimériques vont s’amuser à nous transformer notre bien-être collectif en lambeau. En transformant nos vies et nos villes comme de véritables tombeaux à ciel ouvert.

Des bras ouverts face à la mer, certains esprits désespérés vont continuer à implorer « Agwe », qui vient de faire récompenser le cinéaste Arnorld Antonin pour son plaidoyer pour la mer, encore un autre démon, en dehors des bourreaux dans la ville, qui préparent dans le silence complice des familles, le prochain naufrage des prochains boat-peoples !

Des démons de l’eau, de la terre, du feu et des cieux semblent avoir jeté un mauvais sort à notre cher pays pour certains profanes. Mais nous savons tous, vous et moi, que ce que nous vivons aujourd’hui dans le pays est le résultat de l’échec de notre société, qui n’a pas choisi d’investir dans l’éducation de qualité, servant de moule pour fabriquer les citoyens et les citoyennes que nous aurions dû être ou avoir, dans toutes les couches de la population, comme dirigeants ou membres de l’opposition, comme professeurs ou en tant que parents, comme journaliste ou en tant que manifestants, comme adversaires et comme alliés. Enfin, comme le reflet tant souhaité, qu’on aurait bien aimé voir en face dans le miroir de la conscience nationale !

Dominique Domerçant




Articles connexes


Afficher plus [1108]