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Deux ans après!

Deux ans après!



Des jours, des semaines et des mois passent tellement si vite dans l’Haïti des crises en cascade, qu’on a du mal à se rappeler que le 17 septembre 2020, rappelle déjà le deuxième anniversaire depuis l’installation du Premier ministre Jean-Henry Céant à la Primature, le 17 septembre 2018.

Dix jours avant son anniversaire le 27 septembre, le notaire espérait ainsi de tout son cœur, loin de son parti « Renmen Ayiti », faire taire tous les mauvais pronostics qui disaient que deux bons amis ne pouvaient rester définitivement ou politiquement en harmonie, en se soumettant aux prescriptions de la Constitution haïtienne, pour assumer respectivement la gouvernance bicéphale de l’Exécutif, à travers le rôle de président de la République et de Premier ministre.

Des exemples antérieurs et similaires, comme celui du divorce entre le président René Préval, dans une parfaite indifférence complice du Parlement face au sort de ses deux anciens amis qui voulaient l’aider. Jacques Édouard Alexis et Michèle Duvivier Pierre-Louis ont été rejoints par Jean-Henry Céant, dans cette amère expérience de PM, aux personnalités influentes, devenu maitre de l’administration publique, et qui n’ont de compte à rendre qu’au Parlement, après avoir été nommés par un président de la République qui s’est battu avec tous les diables aux élections, pour devenir un mineur. Quel leurre !

Dans le discours du président Jovenel Moise, qui installait son deuxième Premier ministre, il avait pris le soin de rappeler à l’ancien notaire devenu chef de gouvernement : « J’ai fait choix de vous pour diriger le gouvernement en fonction de vos qualités humaines, votre amour pour Haïti, votre capacité à matérialiser mes engagements de campagne afin de répondre aux besoins du peuple. Je vous ai choisi parce que vous avez foi en l’avenir de la patrie. »

Deux ans après ces discours et ces éloges, les paroles de Léo Ferré, nous crachant illustrent si bien le tableau : « Avec le temps. Avec le temps tout s’en va. Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu. Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard. Et l’on se sent tout seul peut-être, mais peinard. Et l’on se sent floué par les années perdues. Alors vraiment. Avec le temps on n’aime plus ! »

Du parti « Renmen Ayiti », on ne retient également que les trois tentatives du notaire Céant aux élections présidentielles de 2010, en 2015 et 2016. Entre la récompense destinée à un leader modéré qui prônait « Tout moun ladann » au revers de la médaille politique, avec le Parlement qui l’invitait à laisser au plus vite la table, le pays est tombé depuis dans un tourbillon de désespoir. Deux ans après, le pays a connu presque tous les chocs, en dehors de pays-lock !

Deux ans après l’investiture de Jean-Henry Céant comme Premier ministre, le 17 septembre 2018, des mauvaises langues diraient «Byen konte mal kalkile », en sachant que pratiquement six mois et un jour après cette intronisation, soit le 18 mars 2019, une majorité écrasante allait renvoyer le gouvernement de Céant, lors d’un vote réparti comme suit : (93 votes pour le renvoi, 13 contre et 6 abstenions).

Dans sa retraite de PM, le notaire s’est tu pour ne pas suivre la voie « Toutouni » de ses deux anciens jeunes collaborateurs à la Primature. En homme d’État responsable, il est retourné dans le silence politique et la distance diplomatique, pour bien digérer son dernier et ultime exercice entre les deux chambres au Parlement le 18 mars 2019.

Difficile de parler du bilan Céant, dans l’espace des six mois (17 septembre 2018 au 18 mars 2019), qui ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan des problématiques de l’administration publique. Une page tournée qui ne reviendra peut-être jamais !

Du rire sombre, pour certains déçus, dans le pire qui nous arrive deux ans après. Des regrets pour d’autres qui rêvaient une belle alliance entre le notaire et l’homme qui croie fermement dans l’alchimie de la terre, du soleil, des êtres humains et de l’eau !

« Dans son nouveau décor, Montmartre semble triste. Et les lilas sont morts ! La bohème, la bohème. On était jeunes, on était fous ! La bohème, la bohème. Ça ne veut plus rien dire du tout.» Du trou où le pays s’enfonce, il n’y a que ces paroles nostalgiques d’Azenavour qui peuvent nous calmer les nerfs en ces sombres temps de fantômes ! Rien de neuf.

Dominique Domerçant




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