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Décrochage

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L’image de cette fille en uniforme, impassible ou tétanisée, traversant la route à quelques mètres des flammes des barricades, a de quoi donner du dégoût. On aurait pu se consoler en criant à la guerre civile, mais il n’en est rien. Nous ne sommes pas encore là. Ce n’est qu’une énième manifestation d’une crise permanente et multiforme.

Le mal est détestable en soi puisque, sincèrement, on s’attendait à mieux dans la planification de cette rentrée / fin de l’année scolaire extraordinaire.

Les nombreux mois de confinement précédés d’un long arrêt, pour cause (récurrente depuis 2018) de pays lock, ont empêché aux établissements scolaires de couvrir, au moins, l’essentiel du programme annuel. L’impact sur le niveau des élèves était, dans ce cas, prévisible.

Beaucoup d’écoles, en fonction de leur « clientèle » et de leur bonne volonté, ont mijoté leur recette maison pour soutenir les élèves, mettant les parents (certains négligents ou analphabètes) à contribution. Le ministère de l’Éducation nationale, battant la grosse caisse, a élaboré des outils numériques pour apporter un soutien à distance aux acteurs du système éducatif. Les élèves, fragilisés par une année « spéciale », pouvaient rattraper le temps qu’ils n’ont pas pu passer sur les bancs de l’école et maitriser les notions qui correspondent à leur niveau. Que nenni ! La montagne a accouché d’une souris. Cela n’a pas suffi à corriger les inégalités flagrantes entre élèves de la République. Sans soutien, sans électricité, sans connexion internet et sans envie, les élèves de la République ont tourné les pouces pendant le confinement, n’osant même pas rêver de leur avenir hypothéqué.

Le retour en classe, tant attendu, au mois d’août a surtout servi à décrédibiliser encore plus le système éducatif haïtien. La diversité d’approche des établissements scolaires évoluant dans un système à plusieurs vitesses a généré une situation à la fois gênante et dangereuse. Quelques semaines après la reprise et au moment où des élèves sont prêts à commencer la nouvelle année scolaire, d’autres espèrent finir la précédente ou celle en cours. Un flou totalement artistique !

Les défauts structurels de l’école haïtienne et l’absence de planification maximale dans un contexte aussi délicat ont fragilisé tout le système jusqu’à exposer les élèves et leurs établissements. D’un côté, des écoles ferment par peur d’exposer les enfants qui leur sont confiés et de l’autre, des professeurs en grève boudent la reprise obligeant les élèves, particulièrement des écoles publiques, à recourir aux manifestations de rue émaillées de violence.

Et malgré l’évidence des lacunes accumulées pendant l’arrêt forcé des cours, les examens d’état sont maintenus et programmés pour le mois prochain. Et les difficultés, comme des avions de chasse qui volent toujours en escadrille, se multiplient. Les mouvements imprévisibles et d’une extrême violence des policiers « Fantôme 509 » viennent compliquer le dénouement que le ministère essaie d’accoucher au forceps. Personne ne peut savoir, au moment d’écrire ce texte, si l’État aura les moyens et la volonté de protéger les élèves dans les centres où ils devront subir les examens.

L’important sera de voir ce qui sera mis en œuvre pour sauver la face. L’année scolaire, quant à elle, est déjà perdue pour la grande majorité des élèves de la République.
Qui paiera les conséquences ? Il n’est que d’attendre le tweet !

Jean-Euphèle Milcé




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