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Rétablir la confiance

Rétablir la confiance



Il y a une année exactement, le pays s’embrasait et le président Moise avait fait le choix de la survie au lieu d’être englouti par une situation périlleuse. Dans la rue, le peuple grondait, bloquait les routes et le pays par ricochet. Puis, les compromis, les tours de négociation, la trêve des confiseurs et la longue période de propagation de la pandémie ont appliqué superficiellement de l’onguent quelconque sur une blessure profonde.

Malgré les journées fiévreuses et tendues provoquées par des groupes armés illégaux mais « organisés » dans la catégorie de G9 anfami et alliés, Fantôme 509 et des mouvements sporadiques de militants, le désintérêt des citoyens envers les positions des acteurs politiques est de plus en plus évident. L’opposition n’est pas considérée et le pouvoir est décrié. Et c’est dans ces conditions que, pieds et mains ligotés, le peuple est appelé à se préparer pour se prononcer, par voie référendaire, sur une nouvelle constitution et pour choisir ses représentants à tous les niveaux lors des plus prochaines élections.

Il faut peut-être se rappeler que lors des dernières élections, le taux de participation, un brin indécent, était déjà préoccupant. Malgré les bonnes questions posées par les citoyens plus ou moins concernés, par les medias et par les politiciens eux-mêmes, le désintérêt de la population envers la politique, et aussi pour son avenir, est manifeste. Et, ce ne sont pas les guerres intestines, les concours d’arrogance, les bruits de bottes et les coups « intelligents » qui vont informer, convaincre et faire participer les citoyens. Ainsi soit-il ! À chaque faux pas, à chaque débat, plus audacieux que juste, la distance entre la population et la politique se creuse. Et, la défaillance suit et renforce la crise de légitimité des acteurs politiques. Et cette légitimité d’après Dominique Darbon, politologue, spécialiste des systèmes politiques africains, est « le fait qu’un pouvoir soit exercé de manière satisfaisante aux yeux du plus grand nombre » ou encore, c’est « la qualité particulière reconnue à une entité sociale et politique par ses sujets et ses parties, et qui lui confère son autorité. La légitimité est le produit de conditions que sont la confiance, le consentement, la réciprocité », ou l’existence de normes et de valeurs.

À ce tarif, nous avons encore du chemin à faire en Haïti. Peut-être faudra-t-il transformer les jours à venir en de véritables occasions pour construire, même malgré nous et nos clans d’appartenance, les outils qui nous permettront d’être à l’écoute de l’autre, de faire montre de tolérance et de prendre la décision de vivre et d’agir ensemble au delà de nos différences.

Pour avancer, il faut une réponse appropriée à ce climat de division et d’intolérance. C’est plus que jamais le moment de conclure des accords qui garantissent le bon sens et la stabilité.

Haïti vient de célébrer timidement le 21 septembre, comme beaucoup d’autres pays, la Journée internationale de la paix. C’est exactement ce qu’il nous manque pour inventer la justice, la solidarité et l’harmonie, autant d’éléments essentiels dans la lutte contre la misère, la corruption, l’insécurité, l’incivisme et la faillite de l’école.

La compréhension entre générations, classes sociales et secteurs est nécessaire pour espérer de meilleurs lendemains. Les menaces et les coups « intelligents » de maitres ont déjà fait leur temps et du dégât.

Jean-Euphèle Milcé




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